408 1-IISTOJBE SOCIALISTE La querelle des ministres de la , cille el du jour atteignit forcément ceux de b surveille. Thiers arait hérité de \!olé, Guizot héritait de Thiers. Les fautes initiales commandaient les fautes dernières. Garnier-Pagès fit ressortir celle solidarité et reprocha surtout à Thiers cl'avoi,· eu des altitudes guerrières, tout en faisant des efforts pou,· consener la paix. En un discours qui fit vibrer la Îlhre patriotique de l'opposition de gauche, loul en donnanl sati~foction aux rancunes des légitimistes, que parfois ses audaces faisaient lrcmhlcr, flerryer Îlt le procès de la politique étrangère de Louis-Philippe, épousée srnilC'ment pnr ses ministrc5 successifs. (< Quatre foi!:- l'll clrx ans, s·éc11a-t-il, on n ~u que la rrancc, pour ses mtérèls, ,oula1l "au,c1 la Polognr. pn~c:cn·rr !.1 B<•h:6qur ntl:1<p1r<\ ac:o:...urce:ronnscrndant en E..;.p::ignc. protéger 11éhèmcl- \li. Oui, quatre fois mus a,·ez fait connallrc au monde la ,olonté de la rra11tc, cl qu.1trc fois ,·ous ayez fait accuser la France ou d'im puisc.ancc ou d'inertie : Qu:itrc foi:; en dix ans, messieurs, c'est trop, beaucoup l•op ! » Que pourait répondre Gui1.0l ? Deux au moins de ces allégalwns étaient exactes. Il ne lui était pourtant pas possible de montrer à la Chambre que les audaces et les reculades de notre politique étrangère étaient ducs aux conflits des 111Îlllblt•r..,_ rt;dant ù l'opinion. cl du roi. r,>...,olu à rfHibUl'Cr les pui1..,anct~'- rl :"i c.;c faire accepter par elles. Il s'en t11·aen montrnnl que, déchainer ln guene, c"était déchaîner du même coup la rérnlution. En cela, il fut sincère, mai, i! donna barre sur lui ù Thiers, qui proclama que le vr.1i pouvoir fort est celui 'I'" ;i..,...,lll.l' l'ordre à l'intéric-ur,tout c-11"'" foi,ant c1·nindrcau drho1s. Odilon Barrol re,inl à la question. Il protesta contre l'acceptation du traité du ~ juillet par le nom eau ministère, rl prétendit a,cc une logi,iuc 1111 peu .;.i111plic.qtcue Guizot ne pouvait succ(·dcr à Thiers, pui!-qu'il n,·ait été son ::un l·assadr11r cl Ir c·o11Îlrle11i1t1timcd,, ,a politique. L'adresse ,'iahorée par la commis~ion rut légèrement modifiée par la ïhamhrc. Elle déclara que la France, « vi,cmenl émue par les é11'ncmrnts d'Orient», veillait au maintien de l'équilibre européen cl ne souffrirait pas qu'il _,fùt porté atteinte. Guizot accepta ce texte qui, en somme, lui laissait les mains libres, tout en permettant de le voler aux députés qui s'étaient le plus engagés dans la politique du précédent ministère, cl il eut sa majorité. Thiers, au lendemain de l'allenlat de Darmès, arait ordonné des poursuites contre la presse démocratique. Il a,·ail dit : Tuc! Son successeur assomma. \larlin (du Nord) adressa aux procureurs généraux une circulaire leur recommandant de tenir plus que jamais la main à l'exécution des lois de septembre concernant la presse .. \ Paris, le .Vr,tional fut saisi deux rois, puis des poursuites furent ordonnfrs contre la Rerne Dbnocratique. Le banquet annuel des réfugiés polonais rut interdit. Lamennais, poursuivi pour sa brochure, lt Pays et le Gouvernement, se ,it frapper durement : un an de prison. L'ancien prcltrc, qui, sous la Restauration. a\"ait été un fanatique de théo-
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