IIISTOII\E SOCIALISTE Ier de l'/\nglelcrrc, de prouver au monde que le concert européen pou1ait se passer de la nation d'où ,·cnaicnl toutes les ré10lulions. Le U juillet, les <1ualrc puissances signaient un traité par lequel dies s'entendaient pour maintcn1rl'mdqiendance cl l'inlég1·ilé de l'empire ottoman. cl adrc,,a,cnt n )léhé,nrl-.\li l'ultimatum, auquel il de,ail se soumcllrc dan, 1.., di, jour,. La noU1cllc paninl en Frauce a1cc l'éclat d'un cou11de tonnerre. :\on seulement cet arrangement a,ail été conclu sans la participation de la France, rnnis encore on ne le fil connaitre à Guizot que lorsqu'il ful signé entre les puis- ...,mcc:,. Le coup mail donc été impré,u. \u-..:-i. l'irritai wu fut t•llc a11 ro111hlc dans tous les milieux, dans tous les parti,. Lamartine s'écria : « C'est le \\'alcrloo de la diplomatie. » De fait, Guizot a,ait été à la fois ballu el berné.« C'est un non l'eau traité de Chaumont ! » s'était écrié le maréchal Soult. De fait, la :-ainle-,\lliance était d'un côté cl la France de l'autre. La presse prit feu el propagea l'incendie. Le 1\'ational cria au ministère : " \'ous èlcs lmlnés comme des poltrons à la queue de l'Europe, l'OUS a,·icz c,péré qu'en lui donnant pour gage Ioules les réactions conlrc-ré1olulionnaircs, elle rnus accepterait a\'CCreconnaissance .. \ujourd'hui, elle ,ous rejette, 1·ous méprise el vous insulte. "\lais connaissant bien Louis-Philippe cl son désir de 1,aix ù tout I''"'• le 1,'daclNtr du journal 1·,'publicain, après arn1r proposé dt• porter la ré10lution ,m· le Hhm. en Italie. en Pologne, ajoutait : « \'ous 1·ous rontenlcrcz de fai,·c un peu de brnit pour satisfaire l'opinion, sauf à l'endormir ou à la réprnncr plus tarti. » La presse ministérielle r,pri111ait bic11haut la fureur générale. « Le traité est une insolence que la France ne supporl<-ra pas, disait le Journal des Dél>als. Son honneur le lui défend. » Non moins bclliqucu,, le Temps écrirnit : « L'Europe est bien faible contre nous. Elle peul essayer de jouer arnc nous le terrible jeu de la guerre ; nous jouerons a, cc elle le formidable jeu des ré\'olution'-. >1 Pui!--. le~ Vt!bals rcprrnair11l : « Lu Fratttt•, sïl le faut, d••fcrnlra ~cule lïndt'•p1.~11d:-i11t·t• de l'Europe ; pour celte c.iusc, qui c~l ('Cllc dt• la ci, ilic;;.alwn <·ont1·c la barbarie, de la liti,,rté co11t1·c le dcspoti... mc, nous épui..,rrons jusqu'ù la dernière goutte de notre sang. » I.a Rem, de• Veux \lond~s, dans un arltcl,, non signé cl attribué ;) Thiers, disait : « Si certaines limites sont franchies, c'est la guerre, la guerre à outrance, quel que soit le ministère. » Ce n'était plus la question d'Orient que la Frnnce arnit devant elle, c'était la Sainlc-Allinnce de 1815. Edgar Quinet, dans •me brochure très remarquée, 1815-1840, disait que les difficultés présentes arn1cnt pour origrnc les traités de 1815, « qui pèseni sur nous comme une fatalité. ,, Et il indiquait le dc\'oir dont la France ne de1·ait pas s'écarter : « La France, disait-il, ne doit pas faire un moul'emenl qui ne la mène à la délivrance du droit public des invasions. » Et s'adressant au:t Allemands, qu'il connaissait, ou milieu desquels il vennil de ,·iur : « Il n'est personne de cc c<ltédu Hhin qui désire plus sincère ment votre amitié, leur disait-il ; mais si, pour l'obtenir, il s'agit de laisser éter-
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