392 IIISTOIRE SOCIALISTt,, donc remi~ au gou\·crncmcnt Lure la 11olc suiHrnle : « Les soussignés, conformément aux instructions de leurs gouvernements respectifs, ont l'honneur d'in• former la Sublime-Porte que l'accord entre les cinq grandes puissances sur la question d'O,·ienl est assuré, el qu'ils sont chargés de l'engager à s'abstenir de Ioule délibération définili\'C sans leur concours el il allendrc l'effet de l'intérêt qu'ils lui portent, » C'était interdire au ,;ullan de traiter a,·cc .\léhémcl-Ali. C'était du coup fermer Louleespérance à la France, obliger celle-ci à ne plus compter que sur le bon vouloi1· de la Hussic, de l'Autriche el de la Prusse, pour amener l'Angleterre à rcconnailrc le pull\oir de ~léhémcl-.\li. La Hussie accepta la réunion d'une conférence parce que, comme l'Autriche cl la Prusse, elle y voyait Je moyen de désunir la France el l'Anglelcrre. Les trois puissances absolutistes dc\'cnaicnl ainsi les al'l,it, es du con nit caché qui 'opposait la France el l'Angleterre. El précisément, à l'instigation de l'Angleterre, la France rnnait de diminuer ses chances en arrèlanl l'armée victorieuse d'lbrahim. li csl certain qu'une marche de celui-ci sur l'Asic-~lincurc c0l fait avorter toute 1·éorganisation du concert européen. puisqu'alors ln llussie, en \'ertu du traité d'Unkiar-Skelcssy, se fùl portée au secours de la Turquie. Et, en mème temps, la France mellail le comble à lïrrilalion anglai,c, en plaçant en quelque so,·le sous sa pl'Oteclion la trahison du c:ipilan pacha, qui li, rail ù Ibrahim la flollc turque. Une telle incohérence de, ail fotalén,cnl èlrc funeste à nolrn pays . .\rri,é au po,noir le l" nia,·s 1840, Thiers fut informé des seulimcnts de l'Angleterre par Guizot qui, en sa qualité d'ambassadeur de France à Londres, prenait pari aux conférences entre les représentants des cinq puissances. Thiers joua so11unique ca,-lc, qui élail cl'obte11ir une entente directe entre le jeune sultan cl son ,·assai. li emporia un premier arnntage par la destitution du grand-, izir, 1,osl'C\\'-Pacha. li était sur le point de gagner la partie, ·e1 le sultan allait rcconnai11·cpar un fil'man la sou,·erainclé hérédilaire de ~léhémelAli sur l'Egypte et la ,;),·ic, lo,·squc le gouvernement anglais, a,crli par lord Ponsonby. mil loul son œll\ rc pour faire avorter l'affaire. Il suscita dans le l.ihan, à prix d'argent, des émeutes conlre Je gouvernement de ~léhémct-.\li cl fil l'Cprés~nlcr au sultan par lord Ponsonby, qui grossil ces incidents dans le récit qu'il en fit, l'imprudence qu'il y aurait à reconnaître un pou,oir dont les peuples de Syrie allaient se débarrasser d'euxmêmes pour se replacer sou, l'autorité de leur sou,erain légitime. En même temps qu'il agissait ainsi en Oricnl, Palmerston pressait a Londres les ambassadeurs d'en finir, s'ils ne voulaicnl pas se trournr en face d'un fait accompli, c'csl-à-dirc d'un traité directement conclu entre l'Egypte cl la Turquie, à l'instigation cl au pl'Ofit de la Frnncc. Le tzar et le nouveau roi cm Prusse, Frédé,·ic-Guillaume IV, dans leur passion absolulistc, élaienl heureux de jouer un mall\•ais tour à la Franee, de l'iso-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==