HISTOlf\E SOCIALISTE 387 mées depuis plusieurs mois a, cc notre participation ? Gn ultimatum adressé à Méhémet-.\li, pacha d'Egypte. le ,o,nmant d'a1oir ù rl'ndrc au sultan lès \illes saintes d'.\rahic, l'ile de Crète .. \doua et le nord de la :;) rie. :,ïl atccpta,t de s'exécuter dans les dix joui'::;, les puissauccs lui g:1ra11tissaienl a domînatiÛn héréditaire de l'Eg: ptc cl , iagèrc de la Sjrie. ~iuo11. elle ... :1g1raic11t <'Olltn• lui par la torce. On 5ail que le pacha d'Egypte était le protégé, le client, l'ami du guu,·crnement français. J\ous a,·ons dit. dan~ un chapitre p1 é.:édt•11t,lt•.., t• ... ,H;rè111ccs, d'aillrurs illu,oin·~, que l'on fondait ..,u1· lui, en l'ra11n', pour faire d1•-.. Egyptir11, une 11.1lion ci,ili::-éc. La Franc<' et I' \nglf"lt•n(' a,ai1:11t coopt•ri· i1 lui assurer ~es conqtlèlcs !-:-lll' l'rrnpirc otto111a11,~:111rtio1111c1p•-a.r. la co11,e11tionde Kuta:·ch.. \ {'C mo11u'11I. 1'1•ut1•11k:n;1il t'•lt'• cn111plt•h• r11tre le gou\'crnemcnt britannique cl le llôtre, encore 1·r"e1-réc par le traité d'Gnkiar-Skelessi, qui plaçait la Tui·qnic sous le protectorat elfrctif de la l\u,,ic. )lais si I' \nglcterrc arnit autant que la France illlérêt :l ce que le sultan ne lombùt pas sous le \a:-srlagc du t,ar, et ù empèchcr Conc:.tantinoplcde tomber finalement aux mains des Russes, elle avait un inté1·i!tnon moindre à entraver les efforts de ~léhémek\li, en , ue de la création d'un empire arabe, assis sur le i\ïl et sur !'Euphrate, et fermant la route commerciale de l'Inde. Elle n'était que trop bien ser\'ie à Constantinople par son a111ha,sadcur, lord Ponsonby, qui a, ait gagné la confiance et la s, mpalhic du sultan \lahmoud et le pressait de reconstituer ses forces militaires pour abattre la pui,,a,,cc du pacha d'Egypte, ce rebelle :l son princ,' légitime et à soll chef religieux. Ponsonb) haïssait la France m cc une patriotique ardeur . .\ot,·e ambassadeur à Constantinople. l'amiral Houssin, la sen ait a,ec une inintelligence rare. Dupé par les sentiments r<'formi,tcs de ~lahmoud, qui tentait maladroitement et brutnlC'mentd'ruropéauiscr IC'~ Tul'C~. cl cro~ail ::n-oir fnit une ré\·olulion lorsqu'il a,ait remplacé le turban par le fez sur la tête de ses sujets. l'amiral Roussin excitait lui aussi le sultan contre \l~hémet-i\li. Le commandeur des croyants n'a,ail pas besoin cle C<'S excitations. li n'était que trop exaspéré contre le sujet rebelle qui arnil battu ses meilleures armées et menacé Constantinopi<'. Tous se, effo,·ts ét:ii,·nl tournés ,ers la réorganisation de ses troupes, et toutes ses pensées ,ers ln revanche. La convention de Kutaych 11ele liait pas. Etait-il tenu de respecter un traité que la force lui avait arraché ? Et ce traité, ne pourrqit-il prétendre que lè pacha d'Egypte l'avait ,·iolé dans une de ses parties ? ~léhémet, cependant, tra,·aillait à consolider sa conquête, qu'il sentait précaire tant que les puissances ne l'auraient pas consacrée par leur consentement exprès. Il voulait faire reconnaitre sa souveraineté héréditaire sur l'Egypte el la Syrie. La France ne demandait pas mi.eux que de le seconder. ~fais l'Angleterre et la Russie faisaient la sourde oreille, cellc,ci parce qu'elle avait tout avantage à protéger le sult~n, à lui.garantir ses possessions rl'A,;ie, à me,;ure
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==