3,0 HISTOI HE SOCJA LISTE politique ! ~lais il ne peut faire paraître que douze numéros par an, et c'est une prirntion pour l"ot11rier que de débourser les trois francs de l'abonnement. ~lais il en fait, de la politique, il inaugu,·c la politique S) ndic;ile, il dénonce Ir-, lacuuc::; et le:; iu~galités , ou lues d'une législation de cla!,sc. On discute e11 cc 1110111cnlta loi des prud'hommes. li déclare se désintéresser _ de la di~cu:;:;io11 ù·u11c loi où nul ne dcmau<lc que les ouvriers .::>oienatdmis à siéger, c1·u11cloi qui, a,ec ses patrons d'un côté et ses chefs d'atelier de l'autre, n'est qu'u11c annexe du l1-'ibunal de commerce. Parfois, cependant, il se risque à une critique des actes du ministère el de la sou1ni:;:-;Îon cks Chambre~ à ses ,olontés. C'cs.Lainsi que dans la crise de 18~0, il dit qu'on (< le:, a in\'ilés à prètcr leur concours au maintien de la paix. Et (nous 1i'l'n '" ions pas douté u11 seul instant) clics ont accepté ce rôle humiliant ». Le rédacteur <le !'Atelier parle ici comme un rédacteur du ,\'alional ; on sent qu'il partage tous les préjugés belliqueux du moment. ~lais en ,-oici un ;tUlrc un peu moins épris de gloire. Thiers a proposé aux Chambres de redemander a11, \nglais les c,•11drcs de .\apoléon. L'Aielier y consent , olonticrs, tout en disant que cet hommage ne va pas au« restauralcu1· de la 11oblcssc )►, uu « conquénwt amhitieux », mais C( surtout >► à • la France ré\'olutionnaire ». Pourquoi lui faut-il ajouter : « i\'apoléon, pour l'étranger et pour nous, c'est la rérnlution incarnée, » et suivre ainsi le courant qu, entraînera, dix ans plus tard, le consentement des masses ou,Tières à la restauration napoléonienne ? Le ton de !'Atelier était mesuré et courtois, même quand il protestait contre l'arrestation d'oll\Tiers pour délit de grève, cl il félicitait Lamennais « des conseils au calme et à la modération » qu'il avait donnés aux ouvriers serruriers et mécaniciens. Proudhon a critiqué « ces rédacteurs en gants jaunes»; leur proleslation est cligne et sans colère. lis ,culent proll\er que la classe ou, ri~rc mé,·ite les libertés qu'ils demandent pour elle, avec une ferme égalité d'esprit et de paroles. Dès les premiers temps de sa publication, le journal ouvrier entreprit de fort mtércssantes enquêtes professionnelles, qui sont les premières ébauches des monographies sur lesquelles Le Play fondera plus tard l'éLude de l'économie sociale. On y trouve aussi une intéressante campagne sur le livret, dont les abus viennent d'être mis en lumière par les grèves récentes. Parmi les opinions patronales recueilli os par l'A telier sur l'institution abhorrée des ouvriers, en voici une qui a le môrito de la franchise. Pour 11. Delahaye-\fortin, président des prud'hommes d'Amiens, • les ouvriers sont presque tous insolvables ; ils n'ont que leur travail pour répondre de leurs actes. Cette ressource serait insaisissable s'ils pouvaient en disposer quand et envers qui bon leur semble. Les livrets sont une mesure ,de haute prudence, au moyen de laquelle les ouvriers ne peUVlfflldi8simuler
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