IIISTOIHE SOCIALISTE 3ù9 marchandage. • Quoi de plus facile pour ,•ous, en cffcl ? Vous pou\"Cz former de petites sociétés de six, huit ou dix membres, selon le cas : chacune des sociétés choisira celui de ses membres en qui elle aura le plus de co11fia11ce: elle en fera son gérant, son intermédiaire auprès de l'cntreprc11eur. Il prendra la place de l'ancien marchanc.leur ou lildwron ; mais alon:, C(' sera au profil de tous les associés. On partagera e11>uitcle gain entre Lous. sein,, la part de travail de chacun, en réservant toutefois une certaine sornrne pour former un fonds qui permette à la société d'agrandir plus lard le cercle de ses opératio11s. » On le ,·oi~ : il ne s'agit pas de coopératives de production proprement dites, où les ouvriers sont propriétaires du matériel cl vendent pour leur compte cl à leurs risques les produits de leur travail, mais de l'orgnnisation du travail en commandite, par contrat collectif passé avec l'employeur. ~lais cela, pour les Lnnailleurs de l'.lle/ier, c'était l:i première étape, la seule qui permit au travailleur associé Ir ses camarades de songer à acquérir la propriété rles instruments de production. Substituer au prétendu contrat individuel le contrat collectif de travail, même dans sa forme primaire de la commandite, que dès 18'13 les typographes devaient adopter, cl par· l'intermédiaire du s_rndical transformer en contrat collectif achevé, c'était tout au moins donner aux travailleurs le moyen de défendre leur salaire el les conditions de leur travail. L'association de production n'était ~1ère accessible qu'aux ouvriers des industries où la ,·alcur de leur trarail dépassait la raleur du matériel de production. li n'en était pas de mème du contrat collectif de travail, qui pouvait être pratiqué clans toutes les industries. Aussi, sans cesser de préconiser la pratique de l'association de production cl de donner en exemple la seule qui ait réussi à se fonder, celle des bijoutiers, !'Atelier re\'ient-il fréquemment sur la nécessité de remplacer les contrats indi\'iduels de tra,•ail par les contrats collectifs. L'Atelier, dès ce premier numéro, indique assez clairement ses préférences politiques. Uans un article sur les coalitions où il déplore « l'appel fail à la force par les ouvriers el par le gouvernement, les premiers pour servir leurs inlérèlo, et le second dans l'intérêt de sa conservation », il indique en ces termes la route à suivre : « Réclamer le droit d'association n et ,, nous rallier tous sous un même drapeau ... celui de la l\érnlution française ». li ne peut en dire plus long sur ce sujet, le pa:uvrc petit journal ounier, sans tomber sous le coup des lois de septembre ; mais on sent bien ses préférences républicaines. Buchez, son inspirateur, n"est-il pas l'auteur de l'llistoire parlementaire de la Révolution [rançaise, ce livre où revivent les séances de la Convention el du club des Jacobins ? Ah ! si !'Atelier pouvait payer le cautionnement qui donne aux journaux le droit de s'occuper de
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