l!ISTOIHE SOCl,\LIS rE 3ô3 Pour faciliter cet accord, les ou, riers tailleurs demandèrent au préfet de police l'autorisation de tenir une réunion à la barrière du Houle. Le préfet de police autorisa, et lroi~ mille ou\ ricrs se réu11ircnt pour nommer leurs délégués. \lais a celle réunion se joignirent les cordonniers. également 011 grè,e. cl parll!:san-;ru"X au,-.,i d"un arbitrage. Or, d'une part. I<'-. maHrr ... ('ordonnif>1•-- n'flaif•nl pa.::: di-...po~é..f;i. acct•rlrr flll\. df•--ir"-ide li•u1-... ou, 11er:-., d";wlrc pa11. le préfet de pvlice n'a mit pas auloris{· ceux-ci à .e réunir. Uc plus, la con..t.itution d'un tribunal arbitral traînait en longuf'ur, Je:-.patron:; montrant pou1 ,•\)Il(' procédure U11erépu;.!nance dont ils ne se ~ont pas encore défait-- aujourd'hui 1:affa1rc dr!') ou, rirr-.. f'11 papirr:-;peints ,nait ~oul~,é d'indig11atio11la classe OU\rière tout entière. Les typographes ne se mirent pas en s:rè, e. mai, jJ... pr(•I<)è,rrnt .:;ur leur ~AIAirc un cotisation pr1·manentc pour !-;Outc11i: leb laill,•111·,jusqu'à la déci,ion des arbitres. C'est ainsi que des coalitions parltelle, ,1t•,c11aie11pl ar la force des choses une coalition générale de, OU\riers el que )pur solidarité leur était ré,i'léc par •la ,oliJarilé des patrons cl l'appui que ceux-ci recc,aieut de la loi el de ses ag,·uls. ~fat< œux ci obsenaicnt-ils la loi qu'ils étaient chargés d'appliquer ? Nous \'enons de ,oir le JH"éfclJ" polie,• autoriser les réunioth de, tailleurs et la nomination de leurs délé!(ués. Les faits élaicut-il, donc plus forts que les texte-.. ? Oui. ~ous .c;:;a,on.:. pa1· les \4émoire.; du policier <le La lloùdc que lt~ pou,oi,· craignait les mom·ements populaires su,cMs par les grè,es, L~nl à caus,, de, ,_,mpal11ies qui poU\aient, dans le public, s'allacher ;\ la cause de, ou,riPr .... qu':'t r;1t1..,<c'te l'a~ilalion ré,olutionnairc qui pou,·,iit ..,\~1hm,1•:-.. « IJ~- ho1111ncs audacieux, rlil La Hodde, avaient lù une occasion pour provoquer de grands malheurs. » Les ré,olutionnaire<, en effet, étaient très alt.c11lilsaux !:(rêves. Ces mil lier~ d'l1ommes inoccupés poli\ aient, rlan• un moment d'exaspération amenée par la faim. par l'excitation résull~nt de leur contact, par la constatation de leur nornbre. dc,C'nirune force-de r(;\olution. Les sun·i,·anls du 12 mai, ceux qui a\.Hf'nl -.\l'liappt-:1ux hallt~....d<""' m11nirip~H1\.<'l ù la rl·prl'~sion, sui,aient d,• pr(•, les phases de la lutte ou,rièrc, el nous allons \'Oir qu'à un mo~enl nig:u il, tentèrent de lui donner un caractère ré1olulion11airc. Îependant, les réunions q~e le préfet de police a,·ait permises aux 1ail leur,. ne le furent pas aux menuisiers. Et celle qu'ils tinrent en juin à la bar- ,i~,e du \faine, quoique très calme, fut brutalement dispersée par la garde muui,·ipale. Que s'était-il donc passé ? f'aut-il \'oir dans cc changeruent d'attitude du préfet de police l'inOuencc de Thiers ? t: n fonctionnaire, si haut ('lacé -oit-il, est.toujours dans la main de son chef. surtout lorsque tous deux 1'6,ideut dans la même ville. \prè< arnir .e.édé à un courant d'opinion, le pomoir avait aperçu que
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