111:--TOIIŒ SOCIALISTE 361 les ouvriers de la maison Pauwcls, constructeur de machines, qui ne faisaient qu'une demi-heure par jour, mais restèrent tous à !"usine. Le chômngc donnait du loi:-:,îraux ou, rien•,. Ce quïls faisaient, Proudhon \3 nous le dire : (< Lorsqu'ils out gagné trois francs, quatre francs, six francs, le besoin de se restaurer le, conduit au~ l,a, ricres : là, ,I~ ne font pas bamboche, cc se rail inexact : il!-,mangent du , eau et du pain, et L>oi,·enl un litre à dix sous. Comme ils se réunissent pour faire celle ripaille, ils y passent la journ~e, n'ayant d'aillctJJ'S rien à faire, chantant des chansons répu1,licaincs, cl le lcndcnwin se remettent au jcùnc. Cinq ~ous1 quatre sous, un ,ou même de- pain leur suffit par jour. L'estomac bientôt délabré par ce ré.;ime, ils gagnent une affection de poitrine et , ont mourir à l'hôp1lal. " Dans la m~me lrllrc. Proudhon ob,cl'I c, que « leur exaltation ré, olulionnairc C''-l nujourdlwi ,oi..,i1H"" du dt''-l'... poir >). \lai .... 1~ ))Oll\Oir c::;l fort : « ils sa-ent qu'ils ne pemenl se soule,cr aujourd'hui sans être massacrés par milliers "· D'autre part, « la promesse qu'oR leur fait rie les employer bientôt les retient "· Proudhon parle cncorn de leur « ,·iolencc enragée, entretenue vnr la misère où ils se \·oient, l'incurie des gouvernants et les interminables r1..:cla111ations dC'::: hom11H'Squi ..:.rdi-..r11t1 <'1n1hli<•;.1in~ )). A ce trait, comme à celur où il les montre n'aimant • ni Laffitte, ni Arago, ni tous les réformateurs de journaux ou de tribune ", on aperçoit que les (11r:riers, us par Proudhon n pparlc11ai('nl :) la minorité de~ ré, olutionnaircs qui a,aienl fourni leur contingent aux journées de 1832. de 183/i el du 12 mai p1 -!cédenl. Lorsqu'îl aperçoit. « parmi eux. dt>i, mouclw,·ds, des traîtres >1, donl ils se déhann,..,<'nt "Il kur lorda11t le cou et Il'~ jrt:rnt ù la Seine. nous ~ommes a,crtis surtîs:unmcnt : nou::,sa,011s quïl parle de l'élément ré\"olutionnairc, el non de la cla',S<' ou, rièrc mo~·cnnc. prise en mass.c. Les faits d'ail~ leurs ne , ont pa~ tardrr à nous en donner la preuve. Ces ouvrie,·s sj endurants, el solidairrs clans leur détresse au point de se partager, au lieu de se le disputer, le morceau de pain qui leur est laissé, <1uipense ,·, eux. :\ défaut des représrnl:,nls du pomoir? 1;Eglisc ? Oui. \'illermé nous la montre leur en\'oyanl des.« précepteurs religieux " qui se sont emparés de la classe ou,~·ièrc « par l'intérill \'éritable el affectueux " qu'ils lui onl montré. -El après nous avoir dit cela du plus grand sérieux, l'enquêteur, qui sait à quoi s'en tenir, nous m·crtit qu' « ils pClt\ent, comme le dit ,\1. Guizot, s'appliquer à détacher de la terre sa pensée, et à porter en haut ses désirs et ses espérances pour les contenir et les calmer ici-bas "· C'est \ïllermé qui souligne. ~lais cela ne surfil pas ù calmer l'angoisse de ceux qui ont de yeux. l .amarlinc, qui est de ceux-là, voit la classe des prolétaires « aujourd'hui li,rée à clle-mème "· prèle ù remuer « la société jusqu'ù ce que le socialisme nit succédé à l'odieux individualisme "· Ce n'est pas une conviction socialiste que le poète exprime, mais une crainte de conservateur avisé. Il constate que
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