Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

ll!STOIIIE SOClALISl t 359 La question ou, rièrc n'était pus dans les préoccupations de la Chambre. Arago, cependant, cul l'occasion <.le l'y rauieucr. lJa11s la discussion sur le régime <les ~ucrcs. qui eut lieu en 1nai cl :,Ur l~1cpwlle110us re\ÎC11clrons, un orntcur, .\l. Gauguicr. ;..I\ ait î11, oquè lïnt,•rt'l de..;, ou, rier!, Uc l'agriculture et <les fabrique., de ... ur1,•. lei ;_1rgu111t.ml 1 si frcquc111111enl i11,oqt1é aUJOUrd'hui, avait pro,oqué de., cln1111•ur-,, au\.qu .·.l.lt..':-. t ,,111guic•r a,·a1t répondu : • Vous ne ,oulcz pas qu'on 1ous parle des ou\I'iers ; eh bien, chargez-vous <le leur trouver de l'ouvrage. " - ."llous somrncs chargés de l'aire des lois, cl non pas de donner de l'ouvrage aux ouvriers. Celte cruelle apo:::ilrophc que :-:auœl lai-,,,;,t!il tomber <lu haut ùe son ..,jt:ge présidcnhel sur le malcnconlrcux orateur, étail d"aulanl plus cynique, qu·~ ce moment la classe, oun-i6rc sou li rait profond,·1m•11t d'un chômage long el doulou1·eux, qui allcignait toutes h•:-. p1·of-,•::.::.io11s. Quelques jours µlus lu,d. \1.1go rdcu1it ù l-1 tribune le cri du cœur échappé :1 ~<HILCL, cl. dan::; un discour~ :-,Ur lu rtHormc élecloralc, po::;ait en ces termes la que~lion ... oci,de : (( Il .' a dan~ le pa., ", di!->ait-il, une partie de la population qui C:,l c11 proie :'1 de..; !--Ouffranc('s cruelle~ ; cette partie de la IJOpulation e~t plus p,11tindi(•rt•rnc11t la population rn::tnufocturièrc. >> Ur. aJo\ltait-il, le mal Il(' l('rait qu·cmpirc1· ù 111(•..,urc que :-.l' dé,t•lop1wrail h~nou\rau rêgirnc de production. « Le:-. petits capitaux, dans l'i11du~trie, ne pourront pas luller contre les gros capitaux ; l'industrie qui s'exerce a,·çc des machine'.", l'emportera sur l'indu<.;trie qui n'emploie que le:, force::. nuturrlles de l'liommc ; l'industrie qui met en 0•11, re de~ m::tchines puÎ'-santcs primera loujour~ n·lle qui s·l'\{'rt·cra a,.,.c de lJ{'lll<•s rnachincs. » (Juel <\ n·1nl·dr >> i11diquait \rn!.to d ce(< mnl cruel >> ? Lui qui, chrn~ la discussion de~ chen1ins de fer, n'a\'ait pas osé les e11le,er aux capilati~tcs, quelle solution poUI ait-il proposer ? Lançant une fo1·mulc qui allait êlre nlpétée sur tous les rnodes pt-1Hlanthuit ans, il affinnait la « néccssitr d'organi-.,er le tra,:'lil >>. El comment ? (< En modifia11l en quelques points le~ règlements atlut+• ..d1• lï1ulu:-.trit·. ,> 1\~ur· rm,..,u1,'I'le-..timide:-,. il lrur dit:«\ Olh ètr!"Idéjà entrrs <lans l'{'lte , oie, quau<l la Cha111lnc dc"i dé pu lés a été :--t.usi1• d'une loi qui a pour ohjl'l de réglel' le 11·:Hail de ... enfaub <.hrn~le~ m:rnufaclurrs. ,, En somme, c'était la réglemc11talîon, rnais non l'organisation du tra\'aîl que proposait le sa,aul. Quant à l'organi<ation du travnil, ou plutôt d~ la pr >- dudio11 ('! d,• l;l n•parlition. c't•t:1it un autre pl'oblèmc, et il n':n,,it qrn· dédain pour« lrs r..cde~ '!Ili pl'élendairut l\n oir trotl\ é ». Il ne ni:lit pû~ le problème, d'ailleurs ; ..,on cspril <.'lait pour cela de lrop haute cm·crgurc. « L'i1nr11tion des rnacliirn."s, disait-li e\JH't•ssiH•mcnl, amènera dans lï11du,tric qu;•lque chose d'analogue à ce que la poudre " produit d,rns l'organisation des $Oti'f•lés 1nodel'nts. » \lai.:; <'C" queicpu• cho1.i<'.ni l<'S fourié-rî,tt"'"'~ni lrs s:-iinlsim<Hiicn•, ni les hahourist;>$, en· dipit de ll'urs prétentions, ne l'arnienl

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