Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

3\G ll lSTOI IŒ SOCIALISTE enlevé. Mais la préfecture a eu lo temps de so meure en défense, des fenêtres de la rue de Jérusalem on lire sur les révolutionnaires qui rétrogradent sur la place du Châtelet, d'où, joints aux hommes de Illanqui et de MarLin-Bernard, ils se dirigent vers l'llôlol de Ville. Tout cela, dans le vide d'une foule etlarée, que la curiosité n'entraine même point sur leurs pas, que l'incompréhension encore plus que la crainte lient muri te et Jistanlc, étrangère au drame qui se joue. De quel regard Blanqui les rnit-il. rr, ·ramillPs dont sa ,·nurse halclanlc gène la joie dominicale? Le fonl-ell .., "'"'-1''' ù 1\•nfo.ntqui hahill1\ a la femme qui tremble dans le petit jardin <les bord:-d; e J"Oi-;c?~on, ~an-;doute. Il se dit que rien n'est perdu encore pour la rôvolulion. Tout à l'heure on lancera Ms fenêtres de l'llôtel do Ville les décrets qui annonr,•nl au peuple un nou,·rau gouvernement. Cc gouvernement, le peuple l'acceptera, comme lous ceux qui lui ont été lancés de ces fenêtres historiques, avec d'autant plus de joie que, cette rois, c'est le sien qu'on va lui donner, c'est sa propre souve• raineté qui va être proclamée. L' llôtcl de Ville est envahi par les insurgés, à peine assez nombreux pour paraitre l'occuper, dans cc vaste désert des salles, des bureaux et des couloirs que fait le dimanche. Les chefs, cependant, so retrouvent, s'apprêtent à rédiger les décrets essentiels par quoi le pouvoir s'affirme, en attendant qu'il soit. Et dans le roulement des tambours qui rassemble les gardes nationaux et les soldais autour de l'Ilôlel de Ville et les fait bientôt plus nombreux que la foule, Barbès s'empare de la proclamation rédigée par Blanqui et la lit, non au peuple absent, mais aux insurgés qui se bousculent et déjà sont inquiets de savoir comment ils sortiront de cette grande maison vide résonnante de tout le bruit qui retentit autour d'elle et domine celui qu'ils y font eux-mêmes. Voici cette proclamation qui appelait le peuple aux armes ot qui le laissa indifférent plus encore par surprise que par hostilité : « Aux armes. citoyens ! • L'heure fatale a sonné pour les oppresseurs. • Le lâche tyran des Tuileries se ritdelafaimquidéchirelesentraillesdupeuple, mais la mesure de ses crimes est comblée, ils vont enfin recevoir leur châti,nonl. « La France trahie, le sang de nos frères égorgéscrient vers vous et demandent vengeance; qu'elle soit terrible, .car elle a trop tardé; périsse enfin l'exploitation el que l'égalité s'asseye triomphante sur les débris confondus de la royauté et de l'aristocratie ! Le gouvernement provisoire a choisi des chefs militaires pour diriger le combat, ces chefs sortent de vos rangs; suivez-les, ils vous mèneront à la victoire. • Sont nommés : • Auguste Blanqui, commandant en chef; Barbês, Martin-Bernard, Guignot, · Meilland, Nettré, commandants des divisions de l'armée républicaine. • Peuple, lève-toi, et tes ennemis disparaitront comme la pouss!ère devan~

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