Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

HISTOIRE SOCL\LISTE imprimeur était plus près do Blanqui. Il avait donné son rœur au premier, mais sa tête était tout entière au second, dont il subissait l'invincible ascendant. li s'associa donc aux instances de Blanqui et, rongeant le frein, Barbès accepta le rendez-,·ous et y fut exact. Dans quel P~prit il y venait, les douloureuse~ qw•rf'lk!;de l'avcnir,aigries par lïsolemcnt individuel. puis ('oileclif, des prisons du \lont-Saint-.\lid1el Cl d,, lh·JI,.. h-lC'l.e diront assez, et cc sent la l:khe (Ir (;rorfw:-.HP11ard 'il\·•,ir il r,•1·1111,·il.,·r dc,·ant la po~lérilé rcux qui rurcnt à cc moment la têlP L·t le hra~ de la ré\·olution "t ne démt>ritèrentpQintl'un de l'autre au momrnl du pfr1I. :\lidi était l'heu1·e fix1·•r pour 1orassemhlc111rnta,u eoin dP la rue ~\tandarrl de la rur .\lontorguril.1·uC' Bourg-1'.\hbé et rue Saint-~Jartin.C'n race du numéro Hll'n, a-Pt-viPnl r111r,• IP:-t.rois groupes s\;tablil, on ~\'•h)nm\d"l'trc aussi pl'u nmnbrPu,. Lt•--C. "l1rf!:'a--s:,urPnL lrurs hom,nrs: lrs rctardatairPs ne pcuv(lnLma.1H11u•r d'<t1Tin•r d\rn moment ù l'autre. Tandis qur Blanqui. apr\·s a,·oir allncht' 11n ~uidon rnugi· ù son pbtolf'l, l'fnmène sa troupe rue Bourg-1'.\hbé, Barhi-s ('ourt au (ltp,~1 d(• la rue Quinect.rnpoixT. oul cela dans un va-ct-vien;. hâtif. fli>vrP11\', inquiPI, où bourdonnent des murmures contre Barbès, jusqu'à ce qu'il soil rcn·11u :\,·rc· h.'~ C'artouchrs. Blanqui alors <'l~ve en l'a.ir son guidon rouge, des groupes dïwmmcs 5(\ précipitent des rues avoisinantes et. se massent autour de lui. La boutique do l'armurier Lepage esl envahie. Barbès et Blanqui distribuent d,,s armes et des cartouches dans le désordre et le brouhaha. ~lalgré les disciplines wrbales de comilé, chacun sur le terrain de l'action propose son idée, l'oppose à Ct'Hc de son voisin ou s'accorde a,,cc lui pour accuser les chefs d'impéritie, même dP I rahison. ~lais i, présent que tous sont atmés, que nulle main ne se tend plus vers les caisses de fusils et de cartouches, il faut bien, malgré le pelit nombre.se Mcider à exécuter le plan dériM par les chefs. Parmi ceux-ci, 131anquise tient pâle et lremblan t, domptant de son mieux un mou,·emenl(lc nature que, ne l'éprouvant pas pour sou <'Ompte, Barbès ne peul comprendre et dont il lui fera grief plus lard. Barbès il(nort' la t'Oliqued'Henri IV au moment du combat, et commenl il s'apostrophait: « Tu lr<'mblrs,carca~se ! mais lu tremblerais ;:ri~ .;,tlussi tu savais où jt' vais le ,·tmd11i1•p tout à l'heure. » Blanqui, lui aussi, dompte la carcasse, et d'un pas ferme il dirige "' troupe sur le Châlelel, où il doit allcnJre celle de Barbès pour attaquer l'llût,,1 de \ïllc. Ilarbès a entraîné déjà la sienne vers la préfecture do police, qu'il so propose d'enlever rapidement, laissant au peuple soulevé le soin d'occuper la place, une fois conquise. La troupe de ~lartin-Bernard retrouvera les deux autres au Châtelet après avoir promené l'appel aux armes ,!ans les rues . .\ la préfecture de police, Barbès et ses hommes sont arrêtés par le poslo accouru sous les armes. Tandis que Barbès somme le lieutenant Drouineau, commandant du posle, de le laisser passer, des coups de feu sont tirés par des insurgés. Le lieutenant tombe, les municipaux ripostent, la fusillade s'engage, lo poste esL

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