Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

Il ISTOIIIE SOCI.\LISTE Le roi et sa famille avaient <lonu,_• J,, lt•n. Lt• temps était loin où Louis-Phi· lippe s'ahstenait de prononcer le nom t!,, Llll•udans se, propos puhli,,. En lk lï, on aYait replacé les crucifix dr111:-- les trihun,\ux. On voyait à présPnt dl'Sé\·f<J111•s aux Tuileries et, leur rendant rrtte polit,•ss,_•,la reinr Pt Sl'S fill<'s allai<'nt parfois à la messedansleséglisesparoi!:.::.iultb.':i,-.i•,nqu'il y (•lit une chap1.•fün,ux. Tuilt•1·i1',;, Le budget des cultes, ou plutôt du cultt>.élait au~rn, 11lè d'arm(•ecn anné•'· En 1830, au moment de la révolution, il approd1ail d1~l1·1•111,,.,ixn1illi111p.:.: <,nl\1\01it ramehé à trente-deux millions cl dl'rnl <'n tt-:·::2. il d,•Y,1il aYanl lb',O se r;1pprochcr du clùffre fixé pnr h•:, rnini..,l1P:; «•t ks Clia111i1r1.•s de Charl,•sX. Aussi le pape disnit-il, en u:nï, à >Tontal,•mhnl: « Ji! snis 11·~s cont,,nt de Louis•PhiJipI)c,je voudrais quP.tou-i. lt\,; to,.., d11 l'E11ro1wlui r,•-. ,•mhl:p,~c•nt ,1. A cette époquedans unmémoire ro11fid. 1 -nliPI. h,• pn1,·i111·i.il t •· P.ir·i", Jp pl'rf" (;uich;,,, essayait deprouvrrauroi, qui ned,.•mandail qu•.·1i'•lt'i~i·on,•:i;111..<'.JUU, Cl"ordr1..c•lt'S jésuites servait de son mi<'uxla ,ninn:11· 1 ·hii• th• Juilh•t. el qu'il la SCT\"Îrail encoro plus efficacemenl si on lui rendait !(~ pouvoir d\,air au grand jour comme aux beaux temps de la R<•slaurat ion. Cerencurisscnwnl dPs vPrtus cl1rélit•111wo"u', plutôt de leurs praliques, n'em• pêchait point une soriélé fon<léo sur !., 1m1fiLd,• donner ses fruits naturels, la corruplion et la concussion, et un jo11rn,1I. le .1/essager, pouvail a,·ruser Gisquel, l'ancien commis dr. Casimir Pé1·i,r, d'ami,· trntiqué de sa situation alors qu'il était préfetdr. police. On se rappelle que le p,•1·,onn;i!:<n' 'waiL pas allendud'êlre pourvu d'une situation officiel/,• par son patron pour faire sa main dans Je, affaires publiques, eL l'on n'a pas oublié sa frtlt'I u,•us,• opération sur l'al'hat des fusils anglais pour le compte du gouvem,•m,•nl. Cl'll<• lois, 11etait formellement accusé de concussion el de prévarication. Fort de sa situation et d,•s appui; qu',•lle devait lui valoir, Gis~uel poursùivit le .llessagcr devant la cour ,J'as,isc,. Li, des témoins prou,·èrt'nL quP la maitresse de l'ancien préfet de police• <·I la mi•r,, de •·•·lie aimable personne avaient trafiqué de leur influence auprès de lui sur une l.,rge éd1ellP,et 1~ministère public lui-même dut conclure à l'acqu1ltnmt1nl du journal aH·usal(~ur,qui s'en tira avec cent francs d'amf:lnde.Le ury, niant l'évul,·rn·L·, av;;t1lopté pour la culpubilitt.', en haine de la presse indépendante. Ayant mal réussi, elle, à jouer dP la vertu pour abattre le ministère sm· la question des fonds scnds. la roalit,on ne démonta pas ses batteries pour un si mince échec. Elle alla,L hon tram, rt•nùanl uu comte Molé le gouvernement impossible, lui recrutant ehaqU<, jour un nouvel adversaire. Cdui-ci se défendait de son mieux, parfois aver éntlrRi1..1 el ~don ses moyens. C'est ainsi que le procu• reur-général Persil, étant entre dan, la coalit,on, lut <lestiLuétout net. Lamartine, sollicité, refusa de se prononcer pour elle, alléguant, ce qui était vrai, qu'elle ne rcprésenlalL aucun progrè, poht,que ou social et n'était qu'une ligue d'inltirêt.s formée pour Id conquêLc du pou,•oir. Pour les mêmes raisons, _Royer-Collard, doctrinaire ,mplacable, refusait do se laisser séduire par la formule

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