Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

11ISTOI IIE SOCI.\LIS1 E d(• Du,·rrgicr (l(' llaurannc eL condamnait haulemenL la coalition. En re,·ancht\ Dupin alnè, llairanL le succès prochain, inter,·cnail pour elle el, rompait la nrulralîtt~ JH'Psidcntielle dans une des séances de la cororri.issioncharg,;~de r~,rgC'r l'adr,\ssc. La discussion de l'adresse eut lieu, el au vole le gouvernement ne rcmporla que de treize voix, parmi lesquelles il fauL compter celles des rninistrei. C'était au minisLère de s'en aller : ce fuL la Chambre qui partit. Elle fut ,li"out<' k :! f~vrier 18.19, el pour la seconde rois le comte :\lolé présida aux élection,;. • Il opé1a a,·cc la dé~învol ure d'un grond s~ignrur, aidé par .\lonlalh·c!. mini-;trede l'fntérieur, dont .\J. Thureau-Oan~in lui-mèmP dit que« son ûlc n•• redoutait pas les compromissions ». 1.:écri\·ain monar('histe a\·oue qu'il s+• peul que, dans rclte élection où jouèrent la violencr, l'intrigue, la pression et Id corruption, « la jusle mesure ait été parrois dépassée et. qu'il y ail.eu, en plu:. J'unP circonstance, ce qu on a appelé c1 l'abus des inOuences », car 1( ~J. ~lolé n'était p~s scrupuleux en pareille matière ». Tout en déclarant. que le i\'cllivnal exag-t'rail en s'écriant: , La col'ruption coule à plein bord •, eL en protestant contre les «hyperboles d'opposition» donL « il lauL toujours beaucoup l'abaUre •, ~I. ThureuuDangin n'en est pas moins forcé d~ convenir de certains laits qui justifienL la protestaLion du Xati.onal. Le ministère )lolé usa « de tous les moyens d'influence administrative » en laveur de ses candidats, nous diL M. Thureau-Dangin. « Les laveurs de l'admi· nistration, ajoute-t-il, les places, tendaient, de plus en plus, à devenir la monnaie courante avec laquelle on payaiL les voles. Sur 459 députés, on ne comptaiL pa., moins de 19 l loncLionnaircs. • QuanL aux électeurs, on les travaillail, non seulement au moyen de toutes les forces de promesse cL d'inLimidaLion que le pouvoir avait. à sa disposition, mais encore par les journaux,« g1•âce aux subventionslib~- ralcment distribuées par ,\1. Molé,. • Le ministère, nous dit l'historien de la .If onarchiede Juillet, à qui je continu~ d'emprunter ces citations, avaiL alors à son service le Journal des Débats, la Presse, la Charte de 1830, le Temps. Depuis peu, il avait en outre enlevé aux d!lC· trinaires l'un de leurs organes, le Journal de Paris. En ouLre, M. Molé s'étaiL assuré Je concours personnel de certains rédacteurs des feuilles de gauche. • Si ce n'est pas là de la corruption, que fauL-il à ~I. Thureau-Dangin? Il nous dit que Thiers cl Guizot en avaienL lait autant,et que,« depuis on a fait mieux• Soit, mais le comte ~!olé avait beau corriger, ou du moins voiler« par son exccl lente tenue eL la parfaite digniLé de ses manière1, ce que la b~sogne avaiL parfois d'un peu suspect•, ce n'en était pas moins la falsification organisée des volonté; de ce qu'on appelait alors le pays légal. · ,\ bon chat bon raL, d'ailleurs. Thiers et GuizoL, qui , avaient de que lie I âte sont pétris les fonctionnaires el comme la crainte du ministre d'hier et de demain paralyse leur zèle pour le ministre d'aujourd'hui, lancèrent un« appel aux fonctionnaires dévoués », qui ne contribua pas pour peu à la victoire de la coalition.

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