33S IIISTOIHE SOCIALISTE enseignement ù~ servitude, et demeurer elle-même incroyante. Tout flu moins devait-elle faire semblant de croire. Elle livra ses enfants aux congrégations enseignantes, jésuites en tête, qui reparaissaient un peu partout, tandis qu'elle livrait les enfants de ses ouvriers aux frères des écoles ch,·étiennes. Pour les füles rie la classe ouvrière, c'é.lait bien simple: sétant prrsqur absolument désintéressé de leur instruction, l'Etat les livra aux écoles des deux ,-,.nt vingt congrégations de femmes qu'il autorisa en l'espace de moins de douze ans. Les jésuites, rentrés dans leur maison de Saint-Acheul fermée sousCharles X, poussaient leurs élèves à l'Ecole !\ormaie et à l'Ecole Polytechnique, installant ainsi leur puissance dans l'Université mènw, danl3l'armée, la haute administrali.on et les fonctions supérieures de l'industrie. l·n Institut catholique essayait d'entamer les éléments intellectuels de la rlasse dirigeante par des cours et des conférences littéraires et scientifiques pour lesquels certaines églises de Paris fournissaicnt parfois le local. Lacordaire, après avoir montré l'habit de dominicain dans la chaire de la calhédrale de Bordeaux, allait l'arborer dans la chaire de Notrc-Dame,dans ces célèbres conférences pour les hommes auxquelles devait se ruer la bourgeoisie. Le père Ravignan l'y précédait en 183ï, le souple jésuite frayant la voie à l'audacieux dominicain. L'éloquence sobre et ferme du premier préparait les esprits aux audacesetauxvéhémences dusecond.LaCompagniegardait d'ailleurs la haute main sur toute les congrégations, étant toute puissante à Rome. Ses établissements s'étaient accrus au point qu'en 1836, elle dut dédoubler sa province de France, avoir un provincial à Paris el un à Lyon. L'argent affluait pour toutes ces œuvres, tous moyens étant bons pour l'attirer. Les jésuites préludaient à la résurrection du grossier fétichisme matériel que Lourdes, le Sacré-Cœur et Saint-Antoine de Padoue ont tant développé depuis. Les indulgences se vendaient couramment au prix fait de quinze francs, et pour 21 fr. 50 on avait le droit de lire \"ollaire sans pécher. Il y avait des tarifs pour les reliques, et l'on pouvait s'en procurer moyennant 3 fr. :;n, mais à cc prix, clics étaient moins efficaees et no conduisaient pas tout droit au Ciel leur possesseur. On vendait aux illettrés des lettres autographes de Jésus-Christ et de la Sainte-\ ierge, dPs relations de miracles accomplies par des médailles de l'Jmmaeuléo-Conccption, des imageri,·s grossières qui bouleversaient les lois do la nature eLmellaicnl it l'cnYcrs l1•s lttc., faibles. Partout lrs procrssiuns, IPs p(•lcrinages,réunissaient les confréries et les congrégations, acli,·ânt leur propagande•, éblouissant les simples, les entraînant par les exercices dévots dont la répétition mécanique produisait dos effets d'hypnotisme collectif. fiien que par dos donations autorisées, et la loi empêchait les congrégations prétendument dissoutes d'y prendre part, quatre-vingt mille francs de rente s'ajoutaient chaque année au trésor do l'Eglise. C'est dire à quel chiffre devait s'élever le revenu, acquis de colle manière et grâce à des prête-noms, par les congrégations non autorisées, de beauc_ouples plus actives et les pluspuissant.ee.
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