Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

11lSTOIRE SOCI.\LISTE 2!l!l quelque chose. li présente d'abord aux Chambre, des projets <lP loi sur la conression ü de-.Cornpagnics dl'i;.lignes dl' chemin de fer de llouc11 au l la,T1\ dl' Pari.., en Belgique, de Paris à Tours cl élc Lyon ù ~larsoillo. Ici se pose pom· la prcmièr,· fois la question de l'exploitation par l'Etat. On considère généralcnl('nl h•s rlwmins de fer comme de si mince importance qu'il s'en faut dC>peu <1urcellr cunCl'P· lion prévale. Quelle im1>orlance leur accorùcrait une sociéll• tout entière au profit cl aux jouissancr,;; de l'instant présent? Certes, clic croit au progrès. Commrnl pourrailclio le nier lorsqu'elle en est la bénéficiaire la plus directe? ~lais clic 11'ucrcpte l'inno,·ation qur quand cllr s'est imposée. l_;n progrès, c'€'sl une ainélioralion, un développement; un prolongement de ce qui existe, el cela n'dlraye pa-. Sm·toul, cria rrnd immèdialcmcnt. l'nr innovation révolulionne toul, dérange dC's babitude~. frub::,e des intérêts: aus~i la bourgeoi:;ie. dans sa prudrnrù rüaJj-,tl\ la considè-rC'-L-C'IlIo<u>jours d'un mauYais œil. Comment augurerait-on, dat1s le monde des affaires, de l'an~nir im,ncnso des chemins de fer, lorsqu'on p('ul lire, dans lt- .Yuuveau, conducteur de l'i/ranger à Paris en 183:i, des éloge;; do la diligence dans 1~ goùt do cclui..::i ! <.e 11 n'est plus le temps olt tie tran,;;porter d'un lieu ù l'autr(' dans la Franre n'était que fatigues, périls, dl•penses·exorbitantes ;... vll mt!1nc\ il y a cinquante ans, on arri,·ail de Lyon à Paris, non pas commr maintenant rn ~oi\'.anlc-six heure..:, par Je Bourbonnais, mais en dix jouffi bien eomplé:;... lin\ ,·enait aussi qu<><leu" cf.'nt soixante-dix voyagrurs, quantité moyenne, en l ï6ô, par jom·: maintenant prè.., de mille Yoiturcs légères, commodc:-1, marchant a\'ct une c1qé,·ité sou,·rnt égale it celle des malles-poslc, amènC'nl ehaqur jour à Pari:-,. ou biPn font ~ortir de ses mur:, près dr dix mille ,·oyagcurs ,,. Parler à un Français moyen de JS:lï, et les membres de la Chambre étaient tous des Franç·ais moyens, d'un moyen de locomotion qui l'amènC'rait do Lyon à Paris en huit heures et donnerait à Paris un mouvement c1uotidien clè ,·oyageur; qui est, évalué aujourd'hui à plusieurs centaines de mille, ç'cùt été s'exposer ù :w faire trailer de rêveur, de fou, <le saint-simonien, pour tout dîl'('. La <1ueslion dt::-, chcrnins de fer fut donc ajourné(". ~ous allons la relrouYcr hicnlôt. Une autre affaire, d'ordre. économique et flscal, préoc,·upl' <·n1..:cmom<•nlIP monde du Parlement et de;; affaires, qui n'est qu'un ,eul cl même monde, et clic n'e~t pas née de l'initiative du ministère, résolu à n'en avoir aucune, dans ':iOH unique préoccupation do durer. Le ministre de;; finances, Lacavc-Laplagnc. l'a trouvée dans l'héritage du cabinet précédent; d'.\rgout lui a légué un projet de loi destiné à soulager le sucre. de canne produit par los colooics, en frappant Ir sucre de betterave d'un droit de lîccnce de cinquante francs par fabrique et de quinzP francs par cent kilogrammes de sucre brut. Car si l'on ne croit pas encore aux chrrnins de fer, il faut bien croire au :,ucrc de belterav(J\ qui est là sur le marché, ch~z tou.s les marchands, demandé ou accepté par tous les consommateurs. Les cent fabriques de 182éiqui produisaicn t

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