264 IIISTOIHE SOCIALISTE déclara la propagande prérérablc au combat, ne se réunit que pour se diviser et disparaitre. Les canuts étaient, depuis 1828, rrliés par une association prolcssionnelle, le Devoir mutuel, d'où l'appPllation de mulucllisles qui I,•ur demeura, Ce n'était pas une soci(>téde secours mutuels, comme son litre semblerait l'indiquer, Son objet était la dé!cnse des intérêts des chers d'ateliers cl de leurs compagnons contre le patronal, contre les fabricants.L'association avait mené la campagne df's la1•;rs de 1831 qui a,·ail écho1:é par la perfidie des rabricanls reniant la signature de leurs délégués et par l'alliludc hostile du pouvoir se prononçant en foycur des fabricants. i\"ousa,·ons vu au chapitre 1[ J, que ers faits, inouïs dans la tradition lyoi1nabr, aYaicnl poussé les ou,-ricrs à la ré,·oltc. ~lalgré la défaite, le ntOu\'ement ounicr a,·ait aout de même porté ses rruils. Le maréchal Soult aYait bien rapporté, le 7 décembre 1831, lé tari! signé le 25 octobre; mais le même jour le conseil clrs prudhommes prenait la décision d'en fixer un après enquête, qui servirait de base dans les contestations entre les fa.bricanls et les chers d'atelier. De plus, en lévrier 1832, le gouvernement augmentait le nombre des membres du conseil des prudhommes cl, le 9 mai de la même année, il dotait la Caisse de prêts pour les chejs d'atelier tisseurs cl accordait à cet établissement la reconnaissance d'utilité publique. ~lalgré ces avances, les canuts n'oubliaient ni leur rrères morts en combattant sur les barricades de novembre, ni les revendications qu'ils avaient à soutenir. Les journaux conscr.•atcurs, allcntirs aux !ails cl gestes des muluellistcs, les dénonçaient comme républicains. Leur journal !'Echo de la Fabrique s'en défendait, disait que leur action était purement professionnelle. « I'\otre feuille est toute industricllc,'disait l'Eclw de la Fabrique; le seul but, en la créant, a été de provoquer des améliorations pour une class~ laborieuse qui a fait la gloire de notl'e cité el qui se meurt dans les angoisses de la misère ... La feuille que nous publions n'est pas politique, et nous nous soucions lorl peu d'entrer dans de pareils débats.• Les accusait-on de ,·ioler la loi en constituant une coalition permanente, !orls du secret de leur association, dont les statuts ne furent jamais écrits qu'à deux exemplaires, les muluellistcs répondaient dans !'Echo:« L'association réunit aujourd'hui la grande majorité des chers d'atelier, c'est-à-dire de 1.000 à 1.200... Elle n'a rien de militaire; c'est une classification établie pour surveiller l'exécution d'un contrat mutuel !ormé entre tous les associés... pour refuser le travail à telle ou telle condition. Il est évident qu'il n'y a rien dans cette convention qui sorte du droit naturel qu'a tout homme de ne liner son travail qu'au prix qu'il lui plait d'accepter. » Oui, lorsque cet homme est patron 1 c'est un droit naturel; non, lorsqu'il est ouvrier. On le fit bien voir aux mutuellistes en les poursuivant. Mais quelles preuves réunir contre une association dont tous les membres gardaient soigneuse• ment le secret de son organisation. Quatorze chefs d'ateliers poursuivis en aoùL
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