lllSTOlf\E SOCIALISTE 203 Le gouverncmenL sur\·L·illail avC'callPnlion cr mou,·!~nwnl, ar<'11nlutd'•ans le s<'nsde l'action par lC'triomphe de Kcrsausicrl d<'se:, n.1ni..;. 11~a,·ail qw• ,•pux-ti étaient impatients d'cssayrr la force qu'ils avairnl onrani~<~pt•n nie <lrl,1batai/lP. La Tribune publia.il des artirlr~ rontrr la loi ~ur l,~ fl!-,"ociation-q;.ui !w11lai1•nt la poudre. Elle di.sait, le lï m:u·..;,,:, Le:; qul'.,tion-.; d'i11s11rrC>ction sont pour un p<'uple <lesc1uestionscl'opporluuilé: pour un parti ro111mr pnur un IH>1nmr,l,es qurstions d'honneur sont toujours opportunes.» De mt2'm1I.r.•2, ..1mars elle disait: « :\ous sommes pas de ceux qui 1wnsenl quo la liberl,' est bonne loul au plus à cc qu'on fasse pour clic des phrases el du sentiment plaloniqcte; les lraditioos ré,·olutionnaires ne se continw.~nt pas à si bas prix. i) ~lais les sociét{•sde province senlaienl que la loi passerait. Bien résolues à résic:.ter.clks demandaient si Paris les souti~n<lrait ou, mieux, s'il donn(lrait 1~signal. Pour la plupart d'entre elles, il s'agissait bien .plutôt de ruser avec le pouvoir, de s'exposer aux rigueur;; de la nou,·cllè loi, que de s'insurger. Ces consullalions jclè· rent le Comité des Onze dans la perplexité, car lès n,oins clair\'oyanls pou"aicnt mesurer les forces du parti dans les départements, et, saur sur de rares points, clics n'étaient guère de taille à affronter la lutte oU\·erle. Dans les réw,ions du comilé. qui S<' tcn,ücnl parfois chez La Fayette, Carrel, Garnier-Pagès, Buonarolti, conspirateur exercé, démontraient l'impossibilité de la lutte armée. Oivaignac, tout en organisant les forces d'action, n'élail pas pour qu'on les employût aussi pr{•mat«rément.Ces opinions prévalurent dans le comité, cl la Tribune ne prépara plus UUS$oi uvertement ses lecteurs il l'action violente; elle invitait, le 28, les citoyens à se défendre si on les altaquait. Les choses en étaient là quand par\'int à Paris la nouvelle de l'insur,-celion lyonnaise. De nouYCau. à Lyon, le peuple du lrarnil se soulevait; mais ccllo fois ne trouvait pas la démocratie incompréhensive cl indifrèrcnle. La défaite de 18.31a,·ail fait comprendre aux ouvriers lyonnais que le pouvoir auquel ils venaient de se heurte,· élail un pou,·oir de da,se, toul dévoué aux fabricants. lis prêlèrcnl donc l'oreille à la propagande républicaine, annonçant une démocratie où chacfuc homme serait un citoyen ayant droit de délibération et prenant part à la législation commune. De leur côté, les républicains lyonnais avaient été gagnés aux idées sociales par l'influence de Cahct, de Haspail sul'lout, le premier n'ayant pas encore formulé le système communiste qu'il devait rapporter de l'exil. Parmi les groupes républicains lyonnais, il y en avait deux cxclusivcmcnl composés d'ouvriers : celui des Hommes libl'cs cl un groupe de la Charbonnerie. )lais, comme à Paris, la division élait dans les rangs du parti. Les hommes de la propagande, plulôl fédéralistes, attachés à l'action régionale et d'aillcur., pacifique, étaient groupés autour du journal le Prfrurseur, rédigé par .\nsclme Pctclin. Les hommes du combat, ccnlralistes déterminés, avaient pour organe la Glaneuse cl recevaient le mol d'ordre de Paris. Cavaignac arnit lenté en juillet 1833 de les réunir dans une action commune, mais Je comité, qui se forma sous ses auspices et
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