IIISTOIHE SOCIALISTE 217 charges el des jouissances sociales». l'ne autre brochure disait que t,, goul'1•rnement du peuple par le peuple,c'esl la République•; et« ave,· ell<', on opér<•rait 1~ • nivellement des rortuncs1>l,e wnivcllcmrnt, des ronditionsn. En "on-;f~q,H•nrr, 1<' 1>euplcétait in•ilé « à extirper jusque dan~!--rsfondements mêmrs l'ari-,torratiequi s\-st reformée sous la dénomination de bourgcuisic ». Pour le premier annin·rsairc des journées sanglantes de Sainl-~lerri. la Soeiét6 des Droits de l'Homme lança un manifeste brùlant qui dt'butait pnr ""' mols: « Citoyens, l'anniversaire des 5 et, 6 juin ne ,ou5 demande pas dl' ,oinP~ doul('tu'S; les ryprès de la liberté veulent être arrosés a,·ee du sani; et non pas anr des larme.,. Pour un frèrequ'9n nous lue, il nous rn vient dix, rl le pan'•de nos rurs imhihPdf~ rarnn.gerumeau sol<'idl 'été l'insurrcrtion et la mort...» Ce manifeste, que des renseignements de police altribuairnt :'t CaYaignar, se trrminait ainc..i : « Lr gou,·crncmrnt ne tC'ndqu'à r<'nfL'rmrr i r1h•..,crr<'r Je:-, existences dans les limitc,s que leur ont as~ignécs lrs hasard$ ou If·-. inramir;;dr nolrC' organisation ~ocîalc; aux uns la riches::ie,aux autres la mi!-ièrr; aux uns IP honheur oisif, aux autres la faim, le froid et la mort à l'hê>pital. Les larnws ne sonl pas pour nous, <'Iles ont pour nos rnnernis; rar après leur mort, il ne suhsii,lt'l'a plus rien d'eux, qu'un sou,·cnir dr malédiction. Bit'ntôt Ir b:·asdu souvrrain s'appesantira terrible sur leur front; alors qu'ils n'espèrent ni grâce ni pardon! Quand le peuple frappe, il n'esl ni timide ni génfreu~, parce qu'il frappe non pas dans son intérêt, mais dans C-l'ludi e l'êlcrncllr moraw et, qu'il sait birn que prr-..;,onnr'a Ir droit de faire grâce en son nom. -Salul cl fraternité.• l'n aussi vëhémcnt appel, qui proclamait l'im,urrN·lion rn prrmancnC'(r\ cflt'tait-il la pensée de tous les républicains groupés dans la Société ,les Droits de l'Homme? !\'on, puisque ceux qu'on appelait lt-s CironcÎins et qui se groupaient aulour de Raspail a,·aient la majorité dans le cornilé directeur. ~lais il y aYait une minorité remuante, impatirntc d{' bataille, quP f.tlllOn représentait dan~ )fi co111itt~. Le manifeste fut une transaction entrceeux-ci, qui voulaient org:..rni,er l'iusurr('<'- uon pour le 5 juin 1833, et les premiers, qui formai,•nl l'ancicn noyau des .\mis du Peuple, et disaient aYec Raspail : • Formulons nos doctrines de manière ù ne repousser aucune conviction ; ne froissons pas lc.sinll'rêts; n'attaquons pas de front les préjugés, ménageons-les pour mieux les détruire. • Nous rc"iendrons sur ces querelles. Le manifeste ne pouvait manquer d'attirer des poursuites sur la tête des républicains. \'ingt-sept d'entre eux prirent place sur le banc des accusés dans le procès, qm dura du 11 au 22 décembre. Les plai~oiries furent si ,·éhémentes, que trois des défenseurs, Dupont, Michel (de flourgcs) et Pinard furent frappés de suspension par le tribunal. Dupont, plaidant pour Kersausie. commenta la déclara lion de Robespierre sur la propritté et dit : • Le dix-ncu,·ii•me siècle a une mi,sion à remplir, c'est i'affranchisscmcnt moral cl politique des prolétaires.» Dans son plaidoyer, dont la forme élait plus \'iolentc que le fonrl, Haspail déclara que les républicains travaillaient à convaincl'C la majorité .. \lur.s. ils se lève-
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