IIISTOIHE SOCIALISTE ront « quanrl le peuple, mais le peuple enlier, mais le peuple qui se compose des bourgeois et des prolé-taires (ne les séparons pas, puisqu'ils sont tous Français), quand le peuple croira qu'il est temp~ de destituer un pouvoir qui usurpe el qui conspire contre sa liberté. >) Le jury acquitta les vin.t:t-sepl. ~lais le pouvoir voulait en finir avec celle propagande républicaine, socialiste et révolutionnaire; de là la loi sur les crieurs publics, en attendant un remaniement de la loi sur les associations qui se préparait au ministl-rc. Lorsque fut mise en discussion celle loi qui allait frapper les crieurs de journaux, dont la plupart étaient en même temps d'ardents propagandistes, un journali,tr républicain, Hodrlr, qui dirigeait le Bon Sens avec Cauchois-Lemaire, annon1·a hautement son intrnlion de protester publiquement contre l'attentat qui se préparait contre la lihcrt(• de la presse. li était d'autant mieux qualifié pour élr,-cr sa protestation que, dans son journal, il s'allaehait plus à instruire les travailleurs c1u'à)es poussrr aux harrira<lPs. t:n dimanche, ainsi qu'il l'avait publié-, il s'installa sur la placû de la Bourse et se mit à crier les litres de hrorhures saisies les jours précédents. La foule lui fil un ,roecès énorme. On l'acclamait aux cris répc'lés de: Hespert à la loi! \ïve la liber!é ! La police n'osa pas l'inquiéter, mais l'afOucnrr était si grande qu'il dut se réfugier dans une maison. l.a loi n'en fut votée qu'avec plus d'entrain par lrs Chambres. Cette affaire cul un épilogue. Cabet, dont le journal le Populaire exerçait une influence énorme dans lc-smilieux ouvriers, a,·ait publié dn véhément~ arli<'lc:,; con Ire la loi. Le Populaire lirait ù 2ï.OOOexemplaires et publiait chaque dimnnrhe une brochure. Il fallait briser celle force d'autant plus dangereuse <1ueles conseils de modération donnés par Cabet Naient très écoutés par les répul,licains. On prit pr(>[extc d'out,ages à la Chambre pour suspendre l'immunité parlomonlaire rl Ir faire condarnncr à deux ans dPprison, quatre mille francs d'am('nclcet drux ans d'inlrrdirlion des droits civils et politiques.« Cola nous en débarrassa,, dit ryniquement Dupin dans ses .llémoires. Cabet eî,t préféré aller en prison.Ses amis réunis rhez le général Thinrd, insislèreni auprès de lui et, invoquant l'intérêt du parti républicain, le supplièrent de garder sa liberté. li partit donc pour la Belgique. ~lais il y était à peine, que la Gazelle de Francfort, alors au service de la « haute police internationale •, scion l'expression de Félix Bonnaud, le dénonçait en ces termes au cabinet holgc: « La République se réfugie de Paris à Bruxelles; mais on ne l'y laissera pas.»Cabet fu, en effet sommé de partir dans les vingt-quatre heures et dut se réfugier rn Angleterre.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==