IIISTOJRE SOCI.\LISTE 231 affligeant que soil le lableau des quer,•lles ouvrières, achevons-le, pour 'JU" le pas><' soit la lrron vivante du présent. En 1833, Jcs tanneurs <le Lyon cntrrprrnnrnt dr chas-.;prle:sc-ordonnirr~.. \u nornbrc de trois ccnls,le:scornbatlants s·assaillcnt cl se po111~uivcnl dans Ire; ru<'S. .\ quC'lqu("temps de 1:), les tanneurs sont alta'JUl~s par le:-; ('hnrpt>nliP1'!, ai·m,~:;cil' )purs Lrrriblcs outils, parer que les tanneurs s'oh:..li1wnt ù porl(•r à IN1r ehapNtu de,-, rubans de diYerscs couleurs, cc qui est un privilègC'drs c-harpcnliC'rs.A la 1nênH" époque, ù )larscillc, un compagnon passant lue un compa!(non de liberté. La lilléralure des compagnons exprime letu"s mœurs. L<•1JJ's chansons, dil Pcrdi~uier,« sont une des principales causes de désordN• dan<, 1(, tompa~nom1<\~C'"l. Elles entretiennent, en tout cas, un esprit de corps poussé jusqu'à la férocih.~- Les choses ironl au point qu1en 1836,it la suite d'un combat rt~glé rnlr<' charpenliC'rs et to:·<lonniers, renouvelé des lloraees cl <lesCuriaces, un clrs r·harpcnlicr'S Lrrmprra le museau de son chien dans la mai·c sanglantr où gîl un cordonnirr grièv<'mrnL blessé d'un roup de sabre, en lui dî~anl: « Tirns. lirns. bois Ir sang d'un sahourin. » On boit beaucoup dans )(•snrnllipli1.~r~rémonies du compa~nonnagr. Et c'hl apr(':; boire qu1on prrn<l drs rt'solulions. C'rsl en buvant qu'on chante des chants de guerre comme celui-ci : En mil huit cent vingt-cinq, Vn dimanche à Bordeaux, ;\ous fîmes du boudin Du sang de C<'$ gavots... Le bourreau en a,·ant Yous pendra comme des brigands, Devant nos dévorants Pleins d'esprit et 1.h~ talent. Et comme celui-ci : .... \ coups dC' cannes et de compas ~ous détruirons ce.:;scélérats; Xos compagnons sont tous là, Fonçons sui· eux le compas à la main, Repoussons-les, car ils sont des mutins. On croit lire les orgueilleuses el cruelles inscriptions que les rois assyriens faisaient graver sur les murs de leurs palais, cl le passage de la 13ible où Da,·id est célébré parce qu'il a lué dix mille ennemi,, tandis que Saül n'en a tué que mille. Mais quels sont les ennemis de ces ouvriC'rs ? Des ouYrict'S comme oux. Qu'ont fait ces ennemis ? Ils portent des rubans de couleur dirrérente à leur canne et à leur chapeau de cérémonie. Ces querelles que ~adaud nous montre se poursuivant sur le chantier, Perdigmer, le bon compagnon, nous dira jusqu'où elles vont, an grand bénéfice des maitres. Il nous présente les compagnons menuisiers divisés en deux sociétés •ja-
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