Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IIISTOIHE SOCI.\LISTE 227 rhC1'SétaiL depoo<'rhez 1~ commissaire de police, et non chez le patron comme pour les autres salariés. C'est le bon temps de la lib,•rlt• pleine cl absolue du travail, où nulle loi ne point enron• a l'horizon parlemenla1rt• pour empêcher les employeurs de tenir des enfants de six ans enlerm(•s douze el quatorze heurt•, pa1·jour dans la 111anufact.ure. Quand il rt'w• à l'avenir, l'ouvrier ne hausse pas son rêH! JU:,qu\-1 l'cmaocipation lot.ale dr toute servilude économique: une JOurné-r plus brève, un salairr 111oinsc·hétif, un tarif fixe, voilà ses plus hautes aspirations. li n'a pas enLendu les ,,1int-simoniens. d'ailleurs ;,i prudents dans leurs appels aux salariés; pas davana ,, Fourier. qui ne les appellera que s'il lrou,·e le capitaliste déridé it faire les Irais du premier phalanstère. En vain, en 1831, dans un article de l' Europé,m, Buchez 1 ,·ace-l-il le plan d'une associatio11 ouvrière; ils ne lisenL pas encore. Si peu d'entre eux savent lire. El puis, le, lois sont lu. On peul, malgré leurs défenses, st• grouper pour la dèlen-e du pain, dissimuler Ir syndicat naissant sous la so('iélé de secours muLuels. Faire plus esL impossible. Dans la /froue Encyclopédique. Jean Reynaud, rn 1832; appelle l'allmtion -ur la né<:1•,,ité d'une représentalio11 spéciale à la Chambn• pour les prolt'laires. SïJ..., ~ont a~--t:'rYi5-, <''e~l parce que le pouvoir polüiquc est aux mains d'une (')a,sc: « Il <•,t (•vident, diL-il, qu'un l(OU\'ernemenL issu de la classe bourgeoise ne dt•vail, au dedans el au dehors, rep~senh}r d'au tri' inlérêl que c·clui de celte dassr. C't,,t ce que. depuis juillet, malgré ln clameur uni,·cr-,,,llr. il a e<t'culé a,·c<·une sé- ,èn• et imp,•rlurbable logique; c'est ce qui a laiL ;,arrifier la lli·publique it la quasiHcstauralion... ; c'est rc qui a fait sacrifier Loulearnélioralivndu ~ort de la classe ,1uvrit·re à l'étroit égoî:-,.mc de la cla..i..'.-,t? bourgcoi-.1'. C\...:,l il'i le prl'lllic1• app◄•I ~t l'or• ~ mi,ation dl' rla:--..,edes trJ.vaillcurs;Flora Trklan lancera le '.'-iC'<'ond e 181.3, et, en !l',i, .\larx el Engels le troisième cL décisif appel qui f,,ra ,c lever dans l'Jnternationale les lrtn·ailleurtt ronscienls de lOth les pay-,. Quelles sont donc-, ('J\ 1833, h.'Sormes déft1u,in~~ dt'-, ouvrier~ ? f.ommc aujourd'hui, Jr rchis concert<' de travail la grè\'C\1•.,t leur prinripal moyt'TL )Jais ((U<'llC formede Rroupcmcnt les réunit, leur pcrmrt <le cornrnuniqucr entre eux, de sr roncerkr. dr ,e douner Ir moL d'ordre nécessaire ?Tout d'abord il y a le compa- ~uonnage, cc gtoupeml'nt né des confréries ouvrières du x ne ~ièclc +?tpar leqm•l les ouniers se dékndaienL contre la corporation oi, les maitres élaienL toutJ>ui•sanls. Les compagnonnages sonL en réalité des .yndirats secrets. lis n'onL pas dt' ,tatuts ec~its ; leur trndilion orale leur donne pour fondalt•ul'll les constructeurs du lrmplede Salomon et ,c rèclamedu t,emplier Jacques ~lolay. lb sont groupés par deooirs, ces formes primitives de la fédération: les enfru,ts du père Soubise sont opposés aux ga<>0ts, ou enfants de Salomon. Lrs compagnons du de,•oir, qui embrassent un grand nombre de corporations, s'intitulent devoiranis, puis par corruption du mot: dl.voranis. Gavots et dévorants sont en guerre perpétuelle. N'entre pas qui veut dans ces associations, qu'on pcrs~cuto au xvue siècle, à raison du caractère religieux de l'initiation. Les corporations non admises

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