226 HISTOIRE SOCIALISTE ricades de juillet el les onl défendues, que les plus avancés des prolétaires lient leur sort à celui de la dt'.•mocralie:ce n'est encore que là, pour l'instant où nous sommes, où l'espoir d'émancipalion sociale par la République groupe les travailleurs. Martin Nadaud, dans ses Mémoires de Lwnard, note que les ouvrier,; élaicnl assez nombreux dans les sociétés républicaines. « :\'ous étions quatre Crcusois. dil-il, dans notre scclion de la rue des Bouchcries-Sair\l-Germain, el lorsque nous dimes, un soir, qur nous sasions o\l prendre pinces, marteaux et-planches pvur -aider à la construction des barricades, nous fûmes chaleureusement applaudis. • Ceci se passait, après la défaite du parti dans ces glorieuses journéesdes5 et 6 juin•. f:n somme, sauf à Paris, la révolution de juillet n'a pas retenti dircclcment sur la dass<• ouvriè,·e. Est-cc à dire qu'indilffrenlc dans sa masse à la poussée en avant qui venait de se produire sur le terrain politique, elle n'en avail point re1·u le choc? Commenl expliquerait-on alors le mouvement de grhes qui a son point dr départ dans l'année 1&10 el altcinl en 1833 un maximum qui ne sera dépassé qce dix ans plus lard, en 18/iO' En 1831 cl 1832, les poursuites pour délit de coalition monlenl de 49 à 51, c,' qui esl insigniftanl, cl s'(•lèYenl en 183:l à 90. Dans ces quatrc-Yingl-dixpoursuiles, 270 ouvriers sont condamnés à la prison, et sept d'entre eux pour un an et plus. En 1831, ce sont les canuts de Lyon, les tailleurs de pierre de Bordeaux qui se metlenl en grè,·e; en 1832, les boulangers, les lailleurs <Jlles cbarpenliers de Paris; en 1833, de nouveau les charpenliers cl les lailleurs, les minew-. d'Anzin, les tisseurs ~ Sainte-)larie-aux-Mines, les porcelainiers de Limoges. Dans celle même anné•' 1833, il y a 1111 essai de grève des lypographes parisiens; les lisseurs de Saint• i=~ti('llTWs·n~ilrnt pour l'ètabliss('nH'rll d'un tarir. Le lertrur sail qu'ù tetle •'poque l'ouvrier n'était pas seulement infériorisé Jlf,- liliquemenl, rnais Pnrorr juridiquement. En cas de contestation avec Jp maitre, cclui-ti, de,·ant les ju~•••. Hait c-ru sur sa parole. Les lribunaux de prud'hom11HS aujourd'hui composé• d'ou\'l'iers et de patrons, étaient encore rc'gis par la loi de 18(lÏ> cl le déc,·el de 1809: en faisaient partie, d'un côlé les patrons, de l'autl'(' le, chpfs d'ateliers, les ronlrcmaîlrcs cl les ouvriers palenl(•s, ce <ruirxduait I,, prolélair.- pro1premrnt dit, el les patrons fournissaient la moitié plus un des membres du <'OOsl':I des prucrhommP:-.. L'institution <lulivret avait Hé rcnfm•ct•e parun <1+·•· cret du 1" avril 1831. Le texte de la loi sur les coalitions frappait toujours les ouvriers el dans tous le•,ca,. et lrs patrons seulement lorsque la coalition aYail tendu uinjusl..<'men•lPl« al>u:o.i\·emcnl ~ à modifierle taux des salairc-s.La rla~s<o>uvritr • avail lit un hon billet. Plus que jnmai~ h•s a:,,."io('ialiodn'sou,•ricrs étaient proscritl's par la loi: et J,ls burrnux de placement, restaurés par :'-apoléon I", avaient monopole pour tous les méti,•rs exercés dans les g-randcs Yilles. C'e•l le beau temps où l'on interdit aux domesliques sans place de séjourner plus d'un mois à Paris el dans les graÏÎdt;;, villes; où les maitres charpentiers étaient obligés de déclarer dans les deux jour• les compagnons <Ju'ilsembauchaient; où le livret des garçorui boulangt>rs et bou.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==