Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

HISTOI HE SOCI.\LISTE 223 rope. li arracha aux Grecs la Morée. quo la France, à la paix. leur rondit; il n'en demanda pas moins à ~lahmoud le prix de ce service inutile, et exigea pour son fil, Ibrahim lo pacbalick de Damas, r'esl-à-dire la souYerainl'lè de la Syrie. Peu enclin ù s'amoindrir au profit de relui qui l'avait secouru, surtout après avoir dû le faire au profit de ceux qui l'avaient vaincu, \lahmoud refusa llel. Pr,•- nanl prclcxle d'un incident menu, )léhémel-Ali jette ses troupes Cil Syrie sou, le commandement d'lbrahim, lei un grand lau,·c lançant son petit sur la proie eon• rnilée. Le 27 mai 1832. Ibrahim emportait Saint-Jean-d'Acre, moins bien déft,ndu contre lui c1ue trente ans aupara,·ant contre Bonaparte, et le l ', juin entrait à Dama•. De là, il marche à la rencontre de l'armée turque, la défait et passe m Asic-)lineurc, menaçant dirocloment Constantinople, où l'alarme est grande. Prompt à profiler de l'occasion, le tzar :"licolas ollre son concours au sultan. Celui-ri n'ose se mcllreenlre les mains d'un lei allié. li préfèrt•envoyercontre Ibrahim une seconde armée, qui est également battue (Konieh, le 22 décembre). )!ah moud. alors, se résigna ù se mettre sous la protection du tzar.• Que voulez-vous! dit-il à ceux qui lui remontent les périls de l'inLcrvenlion russe; au risque d'être éLoullé plus lafd, un homme qui se noie s'accroche à un serpent.• Il espérait bien d'ailleurs que l'Europe no permettrait pa, à la Russie do le• sauver, à elle seule. En olfet, dès que la flotte russe apparut dans lo Bosphore, l'amiral Roussin, envoyé par le duc do Broglie comme ambas-adcur à Con,tantinoplc, jeta leu d flammes. Il menaça le sui Lan, le somma de renvoyer ses alliés et se fit fort d,, lairè onlcnùrc raison à ~Jéhémet-Ali cl de le contraindre à réduire ses exigences. LI' suitan parut intimidé. Au lond il était enchanté. li renrnya la flollc ru"" ayee la certitude qu'une fois de plus les rivalités des puissance, nllaicnl le tir.•r ù'aflairt•. Louis Blanc désapprouve la politique de Louis-Philippe dans ,·e conflit." l(n prés('nC'cde l'Empire otloman condamné à une mort i11é,·1t.1ble, dit.il, la politic1111• de la France révolutionnaire, faisant suite à relie d,, IIPnri 1,·. dt• füdwlicu t'l tJ,, Xapoll•on,consislait à contJ'actcr a,·ec la llu-;sic ,.1l la P1·1i---;r. <'onlrrl'Angh~t,'rr,· <'l l' \ulrirhe. n La chose lui para.il toute simplr : la 1-ran;'è dornw Con.:;tanlirn,ple ù la Russie, agrandit la Prusseaux dl'Jhns der \ul11l li1~. :1 laqu,•lll• on arr u·h,• l,t Gali4'i1•pour recom,liluer la Pologn~. C'l ~-;mljug,• la Syi-il-. rl l'E1typlP: plu, l,l lign1• ûu Hhin, naturellement. On n·oil rêver l'n lü;ant <le pareils cnfaolillag1.·~,qui montre,ll rombiru le-; r,·pul>litains françai, de 1830 ù 18~0 étaient peu gu:•ri, de la 11.,,.,., que l0 ur aniit donncc 1.. syslèm,• napoléonien. Cc plan d'alliance ru,se - Oil sait cc que sa r(•aJ,. sation d<•vait nous t·otiler depuis - esL théoriquement parfait. ,\Jais, YOit-on la Russie Mtruire de &espropre, mains les traités de 181:i? L'apt'l'\'"it-on d,•prrnillanl sa •·omplicc de 1792 de la Galicie, pour le plaisir de r~conslilucr une Pt1loi:nc dant clic vient de noyer la pcrsi,tanlo nationaliLé dan, le sang? Conçoit-on un,• Prll&IC lâchant sa 1u·oiede l'Est cl renonçant à celle Ùt' l'Ouest, abandonnant ü la lois sa parl de Polog,w et la rive gauche du Rhin ? Yoilà pourtant où l'anglo-

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