224 Il ISTOIRE SOCIALISTE phobie cl la mégalomanie menaient nos aînés. C'esl à se réjouir que leurs efforts n'aicnl pas alors réussi à renverser Louis-Philippe! ~!ais re,·cnons à Constantinople. L'amiral Roussin avait compté sans l'obstination de ,\léhémet-Ali, qui cnlcndail garder tout cc que ses armes avaient conquis, c'csl-à-dirc la Syrie cl le district d'Adana en Asie ~lineurc. Et pour affirmer sa prétention, il poussa les troupes d'lbrahim sur Scutari, c'est-à-dire en face de Constantinople, sur la ri,·c opposée du Bosphore. Les Russes, rappelés par le sultan, débarquent quinze mille hommes i, Scutari, tandis qu'une autre armée russe, plus nombreuse, s'apprête i, franchir le Danube. Alors, lord Ponsonsty, ambassadeur d'Angleterre, intervient à son tour et appuie les menaces de l'amiral Houssin. Une flotte anglo-française parall dans !'Archipel. C'est le moment pour le sultan de laisser les puissances aux prises. ~lais non. Cc qu'il avait refusé, il l'accorde soudain; il accepte les dures conditions de son hautain vassal et, le 5 mai 1833, signe la convention de Kutayeh. D'où vient donc cc revirement subit? On ne larda pas à en connaitre la cause, et clic ne fut pas de nature à réjouir la France et l'Angleterre, jouées par le subtil Oriental. Par la convention d'Unkiar-Skelessi, du 8 juillet suivanl, la Hussie s'engageait à fournir dans l'occurrence des secours à la Porte, qui, de son côté, fermail les Dardanelles à tout navire étranger. La Hussic avait son salaire. L'émoi ful grand en France el enAngleterre, où l'on refusa de reconnaitre cc traité. C'est à dater de cc moment que l'Angleterre se rapprochera de l'Autriche pour en conjurer les effets. D'autres <'vJncments se déroulaient dans le même moment à l'autre extrémité de l'Europe méridionale, où l'appui des volontaires français et de l'argent anglais mettait un terme à la tyrannie de don ~!igue), malgré l'appui apporté à celui-ci par le maréchal de Bourmont. Et tandis que l'absolutisme expirait au Portugal, le roi Ferdinand VII en faisait autant de son côté, le 29 septembre, laissant la régence à la reine Christine et le trône à une enfant de trois ans, celle qui devait être Isabelle JI. Enfoncé jusqu'au cou dans sa mégalomanie, Louis Blanc fait un grief au gouvernement de Louis-Philippe de s'être empressé à reconnal\f0 la jeune reine. li lui reproche de n'avoir pas invoqué la loi salique et de n'avoir pas ainsi soutenu les prétentions de don Carlos, frère du roi défunt. Tout cela dans la crainte de l'éventuel Charles-Quint qui pouvait épouser un jour la petite reine ! Au-dessus de la loi salique, n'y avait-il pas la constitution, les lois du pays ? Or, Ferdinand VII avait pris ses précautions en promulguant, en 1830, la pragmatique de Charles IV votée en 1789par les Cortès et rendant les fiUesaptes à succéder. Don Carlos fut abandonné à ses p,-oprcs forces, l'Europe étant liée à la nonintervention par la proclamation qu'avaient faite de ce principe la France et l'Angleterre. Il put ensanglanter son pays par une guerre qui dura six ana; mw l'Eepagne put s'acheminer, néanmoins, à travers mille souffrances, dans lœ voies du régime constitutionnel. On sait qu'elle n'est pas encore délivrée du mal clérical et abeo-
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