Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

216 J!ISTOIRE SOCIALISTE Hiaillé,l<'sinsurgésse dispersent,;maisnon pour·sereformercommeaubeau temps, désormais ré,·olu. Leur gloire s'élève à la mesure de leur infortune dans l'héroique Mfcnsc du château de La Pénissièrc. Cc sont les dernières étincelles de cc qui fut naguère un terrible incendie. La princesse s'enfuit à l\anlcs, déguisée en paysanne, et y reste cachée jusqu'au 6 novembre chez les demoiselles de Guigny. C'est là que le traître Deulz devait la découvrir·, cl pour cent mille francs la lin·cr il Thiers. Désormais, le parti légitimiste cessera d'être l'agent actif, le pivot de la conservation politique, religieuse et sociale. Il s'enfermera dans les salons du faubourg Saint-Germain et ses châteaux de province, et lorsqu'aux jours d'agilatio 1 il en sortira pour caresser de séniles espérances d'une main qui n'ose se montrer, ce sera pour se mcllrc il la suite des troupes doctrinaires, cléricales ou bonapartistes, au profil desquelles doit se faire l'œuvre de réaction. Et,saul nobles exceptions, il ne boudera les nouveaux venus que pour donner à son concours un plus haut prix. CIIAPITIIE VII LE DnOIT DE VISITE Le ministère du 11 octobre (duc de Droglie·Guizot-Thicrs). - Premier attentat sur Louis-Philippe. - Poursuites contre la presse el les sociétés populaires. - Siège d'Anvers el prise de la citadcJle. - La répression de la traite des noir3. - Première ébauche de l'entente cordiale. - Les afraircs d'Orient, de Portugal et d'E5pagne. - Avènement d'Isabelle II. - L'insurreclion carliste. - ~lazzin1: ]'expédition de Ja • Jeune Italie• en Savoie. Depuis quatre mois, Louis-Philippe était aux anges. Débarrassé de Casimir Perier, il était de fait président du conseil des ministres. Ce pouvoir personnel qu'il alfcclionnail tant, el qui devait Je mener si loin, jusqu'à l'exil, lorsqu'il l'exercerait par la docilité morose et fière de Guizot, il en jouissait délicieusement. Maisl'automne venait, ramenant à Paris les députés, et ceux-ci, tout chauds encore du contact avec leurs électeurs, ne se gênaient pas pour dire quo si, à la rentrée de la Chambre, le ministère se présentait sans cher, la Chambre le renverserait. Louis-Philippe dut entendre, quel quo lût son entêtement, cl il était grand. Déjà, en juin, Dupin lui avait donné un avertissement en refusant le min;stère de la justice dans un cabinet sans président responsable devant les Chambres. Louis-Philippe avait bien essayé de lui faire accroire qu'en réalité ce seraillui, llupin, qui aurait la présidence de fait, puisque Jegarde des sceaux était premier dans l'ordre des ministres. Dupin eut beau jeu à masquer sous le respect du principe parlementaire sa répugnance à faire partie d'un ministère qui devait êt.re renversé

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