IIISTOIRE SOCIALISTE 215 vasion étrangère, \Iarie-Caroline n'avait troU\·é que le bon vouloir platonique du tzar et du roi de Hollande. Quant au Midi, il ne bougeait pas. Bourmont, qui après la bagarre de ~larseille avait gagné Nantes, où il allrndait les événements, n'était pas pour la guerre. li avait mesuré d'un œil exercé les forces dont l'insurrection disposait, et il était fixé. Les comités vendéens. travaillés par ceux de Paris, n'étaient pas unanimes. La duchesse céda. Elle promit à Berryer de faire déposer les armes et de regagner l'étranger, dès qu'elle le pourrait sans péril. ~lais Berryer était à peine parti qu'elle se ravisa. Ses partisans lui annoncent qu'enfin le ~lidi bouge, que l'insurrection est générale du côté de Nîmes et d'Avi- !(non, que Bordeaux prendra feu dès que la Vendée se sera montrée dans toute sa force. D'autre part, des intrigues ont été nouées avec quelques bonapartistes influents. Ils appuieront le mouvement. Promesse fallacieuse. \lais tout cc qui serYait la passion de la princesse était accueilli par elle avec avidité. Tandis qu'elle esrnrnptait l'appui de ces bonapartistes, l'héritier du nom qui les ralliait ache- ,•ail sa courte existence. Le 22 juillet, celui qu'ils appelaient i'iapoléon Il, el dont la politique de Metternich s'était appliqué à faire un petit archiduc autrichien, mourait de consomption. Celle nouvelle, vile connue, ne pouvait que fortifier la duchesse de Berri dans la c·onviction que les bonapartistes reporteraient sur son enfant les espérances pla- ,·i•es sur l'enrant qui venait de disparaitre. Il ne faut pas croire qu'une telle espé· ranee lîit absolument folle: si beaucoup de ,·épublicains se laissaient !(8!(nei·par la lél(<'ndenapoléonienne et si d'aucuns pleurèrent la mort du due de H<'Î<'hstadt,il ne faut pas en conclure que le bonapartisme lîit homogène dans son patrwtisme ,l'allure plus protestataire que libérale.S'il avait (lénéralement celle allure au point d'1•ntraiMr les républicains et les libéraux que Béranger et \ïctor Hugo <'garaient dan; les poétiques sentiers de la l<'gende,nombreux étaic•nt les impérialistes qui, dans le régime napoléonien, regrettaient bien moins la gloire que• le despotisme, l'aristocratie et la serYitude • qui, selon l'expression de La Fayette dans une lettre à l'ex-roi Joseph, lurent ses traits principaux. Ce que ces bonaparlisles voyaient surtout, c'était << le rétablis-,c1nent d'un trône dont les Cent-Jours avaient montré la constante tendance vers d'anciens errernc•nts,. ~lais ils étaient peu nombreux, ceux-là, et nalur<,llcment plus aptes à profitf'r de la victoire qu'à la procurer par leur errort propre. Faule de :\'apoléon II, ils J('CCplaienl Henri Y, sans se remuer plus pour celui-ci qu'ils ne l'avairnt fait pour celui-li>. Mais le Midi n'avait pas bougé. Malgré une crise industrielle qui affamait les ou,•riers de Bordeaux, de vingt autres villes, rien n'annonçait l'insurrection promise, allendue, nécessaire. Le. Vendée, livrée à ses propres ressources, sans chef militaire, car Bourmont ne bougeait pas, alla au rombat aycc ses chétives bandes. Contre elle, l'armée avait remplacé le. garde nationale. On voit, de-ci, de-là, les actes d'hérolSme et aussi de sauvagerie qui ont rendu fameuse, au point d'en être 6J91ldaire, la guerre que fit la génération précédente. Battus au Chêne, battus à
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