Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

20/l IIISTOIHE SOCIALISTE melle rie ~I. H<•.d>aud,que rel accident avait rempli d'a!Oiction cl d'inquiétude. » \près relui-ci cl Pierre Leroux, cc fut Léchcvallicr qui s'en alla, n'y pouvant plus tenir. Il ,1rccptait encore l'héritage de Saint-Simon, mais sous bénéfice d'inwntaire. Finalement il alla se placer sous la discipline de Charles Fourier cl revint prt'<'h<'rla th()oricsociétaireaux saint-simoniens. Le 21 nO\'cmhrc, la scission était consommée: Cazeaux, Dugied, Carnot, Foumel et sa lemme, Guéroult, Bazard cl Claire Bazard se retiraient; d'autres C'nrorf'.Enfantin, proclamé Père suprême et unique, vit dans cette scission une hfré,ic comparable ù celle qui avait dèchiré la chrétienté trois siècles auparavant. Il ,,ualifiait Bazard et les autres de protestants. Il était pape, désormais. ~lais un pape incomplet, pui,quc la Femmo-~lc»ie, rlestin(,c à compléter le couple pontifical n'avait pas encore répondu à l'appel. .1ln,-s,montrant le fauteuil vide de Bazard, il dit aux fidèles demeurés auprès de lui : 1·oilà le symbole de cet appel, l'appel de la fcmm,, aux yeux de tous,• cl nomina l\odrigucs • chef du culte•· ~fais toutes ces qurrcllrs avaient ébranlé la foi de Hodrigues dans les prof'é<lés de gou,·crnemenl du Père suprême. Deux mois après, il s'en allait à son tour, en publiant un manifc,te où il lui disait : • \"ous pûte, faire acc,•pter rautorité a des esprits indisciplinés, fatigués et malades de scepticisme; vous en avez fait des dévots cl des fanaliques; mais des hommes religieux, jamais. En ce moment l'orientalisme el ses doctrines d'adoration stupide el do lâcheté sensuelle aveuglent tous les Enfantinistes. • JI ne pouvait tolérer davantage le protestantisme de ceux qui, avec Bazard, étaient« retournés à des travaux individuels"· •.\moi, s'écriait-il, de commencer enfin l'œuvre pratique du Nouveau Christianisme. » La critique saint-simonienne a ruiné le libéralisme politique, la • conspiration morale• des cnfantinistes • n'ira pas loin, malgré tout le laient cl toute la Mvotion qu'elle a corrompus à son service. La religion nouvelle aura bientôt triomphé des écueils qu'elle a dû rencontrer sui· son chemin : la communauté des biens cl la communauté des femmes•· C'est donc le rnoment de terminer, • <lans la morale comme dans la politique, la lullc de l'oisif el du travailleur, du salon el d,• l'atelier, de l'amateur cl du producteur, du mal cl du bien,. La• reli~ion sainl•simoniennc • avait désormais deux chcfti. ~lais, en réalité, Horlrigues restait seul, cl autour d'Enfantin le nombre des fid<'lesallait sans cesse diminuant. C'était la dissolution. Les poursuites ordonnées contre la famille saint-simonienne, groupée autour d'Enlantin, retardèrent celle dissolulion en ramenant autour de lui quelques dissidents, avides de partager les périls courus par leurs frères de la veille. LouvotDcmartinécourl, capitaine d'état-major en retraite, administrateur de mines, indigné de l'irruption de la police, quadrupla sa souscription à l'emprunt saint• simonien ouvert par les soins d'Isaac Pereire. A l'annonce des poursuites, les journaux qui avaient crié • aw: jéeui&ee • crièrent à la captation des héritages, complétant ainsi l'uaimila&iondea aaint-

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