HISTOIRE SOCIALISTE 183 Martin, devenue d'ailleurs une véritable forteresse, mais aus~i une souricière. Deux barricades la détendent à l'angle de la rue~laubu,le elàl'angl"de. larue. Saint• ~lcrri. Les gardes nalionaux de la banlieue, excilés par le vin autant que par la coJ.'rc, se jcllenl sur celle-ci. Une décharge les mel en diroute, el on ne les reverra qu'après la défaite pours'associcr aux fureurs de la polic,i conlre.le, ,·.,incus. C'e~l ce que 11. Thurcau-Dangin déclare avoir• répondu à l'appel• du goun'rn, m •nt• a,·, c une passion irriléc •· Jeanne, qui commandait la forteresse <leja rue Sainl-~lertin, npp· ri ·nail à « la fleur d'une jeunesse exaltée, dit Heine qui •ncrifiait sa vie pour les vntimenls les plus sacrés•· ~lais le canon rul amené, cl la barricade dut êtN' ahan,hnn ·,,. DixSl'pl héros se rctranchèrcnl dans la maison porlanl le numéro~/\ de ln rue \laubu,'c, tandis que J annc cl quelques autres faisaient à la balonn,•lle un,, trouNJ dans ks rangs t'.-paisdes soldats, cl se perdaient dans la ,·ille. La m.1isonfui forcée cl ses dMenseurs tués à la balonnetlc. • Cc fut, dédare Henri lhne, le sang le plus pur de la France qui coula rue Saint-'1artin, cljc ne crois pa, qu'on ail comballu plus ,·aillamm,·nt am: Thermopyles qu'à l'entrée des petites rues Saint-\lfry cl .\ubry-lc-Boue!,.,r où :\ la fin, unt'poigni~cd'environ soixnnle républicains se déf,,n,li1·rnt contrr ~ni~antf' mille hommes ùc la ligne cl de la garde nationale, cl les repoussèrent de11, rn;s. Les ,·icux soldats de :-,;apoléon,qui se connaissent en !ails <l'armes aussi bien que nou, en dogmatique chrét,cnn°, médiation entre les extrêmes ou rcpr~sentations théâtrales, assurent que le combat de la rue Sainl-~larlin apparlicnl nux laits les plus héroïques de lï1istoil"I'moderne. Les républicains fiN'nl des pro li!1('sde bra,·oure, et lepetit nombrcdrceuxqui nesuccombèrent pas nedrmand<\rcnl p~smerci.C'r-1lcc que confirment toules mes r,,cherches faites conscicncicusemcnl ainsi que l'c,igcait ma mission. lis furenl en grande partie percés par les balonnelles ùes gardes nationaux. Quelques-uns de ces républicains, voyant que la resistancc devenait inutile, coururent, la poitrine découverte, au-de,·anl de leurs ennemis et se fir,•nl fusiller.• Odilon Ilarrol feint de rabaisser l'béroismc des vaincus afii1do mieux satisfaire, à sa manière sournoise, •es sentiments à l'égard de Louis-Pl1ilippc. (',,Jui-ci avait eu la pensée, courag~usP en somme, de se montrer aux Parisir-ns immétlialc• ment après la victoire. Celle promenade n'était pas sans péril, car si l'insurr,•ction était Yaincue, la répression ne l'avait pas désarmée. Etant allé aux Tuileries, Odilon Ilarrol trouYa le roi encore tout animt<<lela c ,ur,;c qu"il nnail de faire à tra,·crs les rues de Paris, el assez exalt,' de la victoire qu, quelques coups de canon contre les murs du clottre Saint-~lerri venait rie lui assurerr. La Fayclll', qui avait l'âme mieux placée, dit bien quo 1,·système <lu 13 mars ,, c'c5t.j.-Jir.J le systl'me de résistance inauguré par Ca-.imir Pcrif'r •. ne pouvait être sauYé ,1ue par l'incartade d'un petit nombre d'exalt 1s prenant pour symbole le bonnet rouge •· :\lai• du moins il salue l"héroïsmede ces• exaltés• el Mdare que• parmi ceux qui se aonl battus, insurgé:!avec prémMitation ou gl'ns cntr11in·s par un mouve-
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