182 lllSTOIRE SOCl,Ï.LJSTE ~lai,, parmi ces étendards et ceux des sociétés populaires, en surgit un autre, qui lui suggère celle remarque:« On voyait dans le nombre des drapeaux de Ioules couleurs un drapeau rouge avec celle devise: la liberté Olt la mort». Ce drapeau, d:t Louis Blanc, était porté par un inconnu à cheval, coiHé d'un bonnet phrygien. La Fayel le estime que celle apparition eût été convenable avant 1793, mais« à cause des souvenirs» cela udevenait inconvenant•· ~lais écoutons ce récit d'un témoin bien placé pour voir ce qui se passa ! ce moment décisif: •Lorsque, dit La Fayette, ce drapeau s'est approché du cercueil, il esl sorti de je ne sais quelle poche un bonnet rouge qu'on a placé au-dessus du drapeau. Comme il passait devant l'eslrade où nou.s étions, quelques couronnes lui ont été jetées, quelques-unes par des étrangers pour qui ce n'était qu'un symbole de liberté, une autre qui pourrait_bien avoir été un tou.rde police. J'avais encore à la main une cou.ronneque je m'étais aperçu avoir été mise su.r ma lête; je la jetai en témoignage de dissentiment et de dégoût pour ce qui se passait.» Au même instant, el comme si l'apparition du drapeau rouge avait élé un signal, la cavalerie parut et tenta de disperser l'attroupement, non sur Je point où avait surgi cet emblème, mais sur la foulemassée assez Joinde là, près de I' Arsenal. Les manileslants huent les dragons qui.s'avancent, bousculantet:foulantles premiers rangs de cette masse pressée. On leur riposte par une grêle de pierres. Ils chargent. Des coups de feu éclalenl. Leur commandant tombe, lrappé à mort. Ils s'enluienl. Une clameu.r de triomphe s'élève, les manilcslanls se transforment en insu.rgés,la ilamme révolutionnaire gagne Loule la ville. Tandis que !'Arsenal est lorcé d'ouvrir ses portes, les insurgés enlèvent, sur la rive gauche, la caserne des Vét.érans el la poudrière des Moulins. D'autres bandes enlèvent Je poste du Chê.teau-d'Eau et se fortifient dans les inextricables rues du vieux Paris dont !'Hôtel de Ville est le centre. Cependant, le pouvoir, qui a prévu une journée el consigné les troupes, lait venir des régiments de Vincennes, de Courbevoie, de Rueil, qui délivrent la Banque au moment où l'insu.rrcction va s'en emparer. A la cour cl dans le conseil, le désarroi est grand. On sait que l'insu.rrection est maitresse de toute la partie de Paris qui va de la Bastille aux Halles. On craint de lairedouuer la garde nationale.Soult se demande si les soldats, vaincus il y a deux ans par une insurrection qui a créé le nouveau pouvoir, oseront marcher contre celle-ci. Déjà, certains proposent que la famille royale se relire à Saint-Cloud. ~lais tout le monde ne perd pas la lêlc. Dès le premier moment, Thiers s'est transporté à l'Etat-Major de la garde nationale, où il va s'exercer au rôle de général en chef qu'il jouera dans les grandes guerres civiles du siècle. Il ranime les courages en montrant la faiblesse réelle du parti républicain, dont aucun des chels n'est avec les émeutiers ; il préside à la distribution des carLouches aux gardes nationaux, qu'il harangue avant de les envoyer au felL La garde municipale et les troupes ont repris les positions do la rive gauche. Su.r la rive <lroilc, l'armée a bient9t cnlcrmé les républico.w dans Ja 1 rue Saint-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==