IIISTOIRE SOCIALISTE 139 quaiLle principe de la non-inLervcntion, d'avoir laissé la Prusse violer cc principe en faveur de la Russie eLde ne l'avoir, d'autre parL, pratiqué que pour permetLre à ce1Ledernière puissance de consacrer t.ouLcsses forces à l'écrasement de la Pologne. Car c'étaiL favoriser la Russie qu'avoir rappelé notre ambassadeur à Constantinople, le général GuilleminoL,qui poussaiL la Turquie à profiLer des embarras du gouvernement de Saint-Pétersbourg. L'opposition n'a,·aiL raison qu'en apparence. Autant, en effet, Ir cabinet Casimir Perier eût été fondé à exiger de la Prusse une neutralité que celle-ci n"eût d'ailleurs pas consentie, autant il se trouvait sans arguments contre les récrimi· nations de la Hussie sur l'aUitude de notre ambassadeur à Constantinople. Répondre à une intervention favorable par une inten•ention hostile, même indirectement, ce n'est ni rûijpecter le principe de la non-intervention, ni le faire respecter. Etant donnée l'attitude de l'Angleterre, bien résolue à ne pas intervenir en faveur de la Pologne, le gouvernement français ne pourniL ni laisser J., général Guilleminot l'engager eLle compromettre dans ses démarches auprès du sultan, ni sommer la Prusse de rester neutre. Dans l'un comme dans l'autre cas, c'était groupe,· contre la France, réduite à l'appui bien incertain et en Loutcas bien indirect de la Turquie, les trois puissances qui s'étaient partagé la Pologne en li93, c'él.ait reformer contre nous la Sainte-Alliance eLdéchaîner sur notre pays le péril. cl l'exposeraux désast.res subis en 1814 et en 1815. L'effervescence dans Paris fut stérile, dit Louis Blanc. Elle ne pou,·ait être qu'une man.ifesl.al.ionde douleur ùnpuissanl.e. Les républicains français ne se faisaient que trop illusion sur les forces du libéralisme en Europe cl surtout sur les sentiments du peuple allemand à notre égard. ELThiers, dans la séance du 19 septembre, résuma la situation en termes saisissants lorsque, parlant de l'impossibilil<' de secourir la Pologne, il s'écria: • Pou"ons-nous refaire ce que n'a pu faire ni la Hl-publique, ni ;',/apoléon? • Il eût été jusLe d'ajouter que Napoléon put, à un momeoL,et ne voulut pas. Ses armées n'envahissaient pas les royaumes pour fonder ou restaurer les nalionalitœ, le temps des guerres de propagande ayanL passé a"ant qu'il parût., mais pour les broyer, les rançonner et y lever les soldats des futures œnquêLes impériales. Dans le œs où la France fût intervenue, soit par une sommation à la Prusse, soit par la dive.-sio.nturque, était-ce l'Italie, al<H'Sen rumeur el en mouvement de révolution, qui eûL contraint l'Autriche à porter toutes ses forces de ce eût,' rt à priver la Russie de son concours ? Le croire serait. s'exagérer singulière-ment l'importance, comme force et comme éLendue, du mouvement qui agitait alors I' 1 talie. D'autre part, l'Autriche eût alors fait bon mard1é de sa craintP qu'une diversion polonaise en Galicie ne vint l'empêcher de se porLer au secours de la Russie. Elle assurait en effet aux Polonais du royaume de Galicie leur domination sur les Ruthènes. Il lui eût été, par conséquent, assez facile de tourner ceux-ci contre leurs oppresseurs. Il esL à rnmarquer que le mouvement insurrectionnel qui éclata en Italie ne
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