Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

140 11ISTO! RE SOCIALISTE s'étendit pas aux provinces placées directement sous la domination autrichienne. Rien ne bougeait encore dans celle partie, la plus riche et la plus populeuse de l'llali,• du :Xord.Le Piémont se tenait également à l'écart, le royaume de :Xaples somnwillait encore dans le farniente d'un despotisme à demi-familial, !a Toscane industrieuse et populeuse demeurait inerte. L'insurrection était donc limitée aux duchés créés par les traité de 1815, aux légations romaine, et aux (ital.!I du pape. Des gouvernements réYolutionnaires s'Haicnt instaHés à Parme, à Hcggio d'l~milic, à Modène, mais n'avaient entre eux aucun lien; nullP artion commune ne venait donner à ces mouvements la force qui IPur Jais~âl quelque chance de victoire. Les Autrichiens devaient en avoir facilement raison. Ce fut l'affaire d'une démonstration militaire. La révolution vaincue et les peuples replacés sous l'autorité de leurs souyerains, l'.\utriche hacua les :8tats pontificaux. Dans son discours de la couronne du 23 juillet, Louis-Philippe déclara que colle évacuation s'était lrute sur sa demande. Cc lut la seule satisfaction qu'il ollrit à l'opposition. Cru,imirPerier l'avait déclaré ù la tribune: Toute autre intervention quo celle-là eût servi• de masque à l'esprit de conquête•· Et il avait ajouté:• Le sang des Francais n'appartient qu'ù la France. • Pour éviter le retour d~semblables dillleultés et assurer au pape la paisible possession de ses .États, il avrut décidé celui-ci à consentir quelques réformes el il accorder une amnistie aux insurgés. Le pape amnistia pour la forme el poursuiYit son système d'inquisition de la pensée, de persécution à l'égard do toute velléité libérale. Quant aux réformes, il n'en octJ'Oya naturellement aucune. li fit tant cl si bien que, quelques mois après, l'insurl'Oction él'lata.it de nouYeau. L,-s Autrichiens envahirent de nouveau les légations. Ce lut pour Casimir Perier l'occasion d'un coup d,• maitre.· Puisque l'Autriche proll'g<·ait les :8tats du pape, ln France les protégerait également. Lo 22 février 1832, les troupes françaises débarquaient à Ancône et l'occupaient. Il y cul un moment de vive ,·•motiondans les cours. Bien que, dès son arrivée au pouvoir, Casimir Perier les eût pleinement rassurées, par des paroles et par des actes, sur ses intentions, pacifiques au dehors et conservatrices au dedans, elles ne pouvaient se défendre d'une r,•rlaine inquiétude. Elles savruent. que Louis-Philippe arnit en réalité dans ses mains la direction de la politique extérieure, mais il était teri·iblement sujet à caution, quels que fussent ses sentiments pacifiques et conservateurs. En moins de dix-huit mois, il leur avait donné do chaudes alarmes par sa politique de duplicité. Les cabinets européens n'ignoraient rien de ses intri!,'ues. li avait bien abandonné itl,•ur sort les libi•raux espagnols; mais il avrut comm,.ncé par leur fournir d,,, subsidPs et des arnw,. Il avait bien renoncé pour son fil:; à J.1 couronne de Udgi,p1e ; mrus il avrut lait poser par ses agcnl.!Ila candidature du duc de X.-- mour-s. Il aYait bien observi· la plus absolu~ ncutralitti envers la Hu-sic, mais c& n'élail certes pas de son propre mouvcml'nl <1ucson ambassadeur à C.:onstantinoplo

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==