Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

138 Il lSTOIRE SOC1ALISTE autant qu'il le redouta. Et, au lieu de l'utiliser contre l'ennemi, il lent.a de l'énerver et de l'emprisonner dans les fortifications de la capif.ale. Armé de la dictature par la diète, il s'appliqua beaucoup plus à contenir Varsovie qu'à réorganiser la défense nationale. Il ne réussit ainsi qu'à exaspérer dans l'inaction, et la jeter à l'émeute, une population impatiente qui ne tarda pas à le considérer comme traître à la cause de l'indépendance; et tout son effort lut désormais tourné contre des mouvements populaires sans cesse renaissants. Les généraux polonais tenaient la campagne avec des chances diverses. Skryneeky battait les Hussesà Grochow et à \Vawer, mais ces victoires étaient san~ lendemain. L'immense armée russe s'ébranlait du fond des steppes, tandis crue la Prusse lui faisait passer ouvertement des armes, des munitions et E!esvivres. Par crainte de rnir se soulever la Galicie, l'Autriche observait mieu.,:les apparences de la neutralité, \ïnrcnt les revers. Dvernicki, battu, était refoulé en Autriche, où ses troupes étaient désarmées. Skrynecki essuyait une délaite décisive à Ostrolenska, et les armées russes, tournant Varsovie, s'adossaient à la Prusse, d'où leur venait une aide efficace. Ces revers mettaient Varsovie en révolte. De furieux mouvements démagogiques y éclataienl. On accusait de trahison et l'on décrétait d'accusation les généraux c1uis'étaient laissé battre ; des bandes exaspérées se ruaient sur la prison ·oir ils étaient enfermés, et les massacraient. Pour achever la délaite des armées polonaises, le choléra les décimait. Cn nouveau gouvernement fut institué, et la dictature donnée à Kuskoviecski. L'armée russe, forte de 120.000 hommes, s'avançait sur Varsovie, défendue par 80. 000 hommes, débris des troupes ramenées par Dembinsk:i. Eplrisés par les fatigues et les privations, démoralisés par les défaites précédentes, les Polonais, après un essai infructueux de négociations avec le général Paskiewiteh, acceptent le combat et sont vaincus. C'est la fin. Varsovie capitule. La constitution est abrogée par le tsar, l'administl'ation relativement llllto-- nome de la Pologne est supprimée et la direction des grands services transférée à Saint-Pétersbourg. L'èro des représailles commence, et les vaincus les plus com- ~romis, dont les biens sont confisqués, prennent le chemin de l'exil. Nombreux: furent ceux qui Yinrent se fixer en France. Il se produisit alors dans notre pays un admirable élan de pitié lraterneUe: partout on se serra pour faire place aux nouveau....:venus et leur assurer l'existence. Varsovie avait capitulé le 7 septembre. Le funeste événement fnt connu à Paris le 15; il y souleva une émotion indescriptible qui s'exprima p8.I"de violentes exploslons de fureur contre le gouvernement. Le lendemain, il était interpelté à la Chambre. Ce rui à cette occasion que le général Sébastiani prononça celte pa.ole qui demeure inoubliablement attachée à sa mémoire: - L' orarerègne d Varsovie. La discUIIÂOn reprit le 19. L'oppoeition reproehan golm!~ fl'lÏ in?&-

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