136 IIISTOIRE SOCIALISTE prince, qui se comportait à la manière des dictateurs actuels de quelques répu _ bliques sud-américaines, ne se contentait pas de molester ses sujets. Deux Fran. çais, condamnés par des tribunaux à ses ordres, avaient été, l'un fustigé en place publique, l'autre déporté en Arrique. Aux légitimes protestations de la France, dom Miguel avait répondu par l'arfirmalion de son droit de soumettre, non seulement ses sujets, mais les résidents étrangers, à des traitements d'un autre age. Le gom·ernemcnl français mil aussit6l l'embargo sur les navires portugais, et une exp6dition fut décidée. Le gom·ernemenl anglais ne mil aucun obstacle à cette démonstration, car il n'avait pas reconnu dom ~ligucl comme roi légitime. Wellington protesta donc en vain contre le soufflet que, prétendait-il, la France venait d'infliger à l'Angleterre. Cetlr opération était donc encore sans péril. Louis-Philippe était d'ailleurs bien résolu à n'en pas accomplir qui eussent compromis la paix européenne. C'est ainsi qu'il pom·ail protéger nos nationaux molestés au Portugal, mais se gardait bien de réclamer à la Russie les prisonniers français qui languissaient en Sibérie depuis l'invasion de 1812. L'expédition du maréchal Gérard en 13elgiqueet la démonstration navale do Lisbonne avaient donné quelque répit au cabinet présidé par Casimir Perier. L'ef. fort de l'opposition en était réduit pour le moment à se porter sur les affaires de Pologne el sur la politique intérieure. Soudain arri,·e à Paris la nou,·cllc de la capitulation de Varsovie. Celle chute était prévue, la défaite do l'insurrection polonaise no pouvant être douteuse pour personne, étant donnée la tournure prise par les événements dans ce malheureux pays. L\>,·,•nernrnl n'en causa pas moins une émotion indicible dans toute la France. Car ,i t•llr Nait divisée sur l'opportunité d'une intervention en laveur de la Pologne, l'opinion était unanime dans les vœux qu'elle formait pour l'insurrection el dans l'int, 0rêl passionné qu'elle apportait aux péripéties d'une lutte trop int"gaJ.>,mais où l'hfroisme p~lonais fit plus d'une fois pencher la balance du côté du bon droit. :',ous a,·ons dit, dans un chapitre précédent, le peu d'homogénéité de cette nation, ,inon par la langue, los mœurs cl la religion, du moins par les senliment.s, les id,-csel les intfrêts. En re moment où, par l'effort de sa classe ouvrière, la nation polanaisc alfirrnr de nouveau sa vitalité et lutte pour sauver sa civilisation, presque entièrement occidentale, du despotisme à la fois oriental et bureaucratique de l'absolutisme rus..e, il est du plus haut intérêt de montrer, à soixante-quinze an, de date, les causes intérieures qui s'ajoutèrent aux déjà trop nombreuses causes extérieures pour consommer la défaite d'un peuple dont le long martyre prouve avec éloquence son droit à un meilleur sort. La ré,·olution polonaise do 1830 s'appuyait sur trois élémenlapreeque inconciliables: Il y avait d'abord l'aristocratie, dont les membres n'éLaienlpaspluad'aocord sur les griefs qui les animaient que sur le but à poursuivre en communpouren obtenir le rcdre,sement. A côté de ceux qu'avaient révolt.éeles mani..,. baulainet
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