132 HISTOIRE SOCIALISTE c Pour la première lois, dit M. Thureau-Dangin, on se sentit sûr d'échapper à la g ,erre. » Car, pour Casimir Perier, la guerre« serait la coalition au dehors cl la ,évolution au dedans.» Cette attitude excite l'indignation de Louis Blanc, qui s'étonne qu'après« la Conwntion, !'Empereur el la révolution de juillet, la France se trouve plus petite qu'elle ne l'étail sous Louis XV». Comment! s'écrie-l-il, « il suffit à la France d'un eHorl de trois jours pour donner une secousse au monde», el on n'emploie pas cette •force» qui« ne nous appartient pas», qui« appartient à l'humanité!» El il déplore amèrement qu'on n'ait pas su revenir• à cc mélange d'impétuosité el de disci• plinc, à cet enthousiasme réglé, d'où sorlircnl les triomphes de nolre première révolution». Aussi accable-t-il de ses sévérités le parti libéral, cette« école toul à la fois anarchique cl timide», qui se borne à faire des vœux pour le succès de la réYO· lu lion en Europe el, la paie de demi-promesses, retirées à demi par des demi-réticences, la déconcerte cl, finalement, l'abandonne aux coups de l'absolutisme . .\ussi, lorsque la Belgique songe à se donner un roi, n'est-il pour Louis Blanc- « que deux candidatures sérieuses: celle du duc de Nemours el celle du duc de Lcuchtenberg i•, car l'une eL l'autre«convenaient à la France ii. Par l'unecommepar !"autre. la Belgique préparait sa réunion à la France: Le duc de Xcmour., étant le sacond fils de Louis-Philippe, pouvait espérer réunir à sa couronne celle de son père; quant au fils d'Eugène de Beauharnais, son accession au trône de Belgique lui pcrmellraiL un ccjour» de« demander à la France une plus brillante couronne, el lui offrir en échange un beau royaume ». C'est précisément parc_eque Louis-Philippe prévoyait, cette dernière éventualité qu'il faisait combattre la candidature de Leuchtenberg par ses agents auprès du Congrês belge. El lorsque cette candidature faisait trop de progrès, il 11issaiLces agents s'engager et promettre ouvertement aux députés belges que le roi des Français n'empêcherait pas son fils d'accepter la couronne si clic lui était offerte par le Congrès. Bien entendu, le roi ne se faisait aucune illusion. li savait par Talleyrand que l'Angleterre n'accepterait pas cette annexion à peine déguisée de la Belgique à la France. Le vieux diplomate, qui achevait sa carrière si agitée dans le poste d'ambass1deur à Londres, se fit-il, par vénalité ou faiblesse d'esprit, l'instrument de I'Angre. terre contre les sentiments cl les intérêts de la France? Un tel personnage est, certes, sujet à caution, cl il n'en était pas à une trahison près. Henri Heine raconte plaisamment que lorsqu'il prit congé du roi, pour se rendre à Londres, celui-ci lui dit : • M. de Tallcyrand, quelque considérables que soient les offres qu'on pourra vous faire, je vous donne le double dans tous les cas». Louis-Philippe avait certainement d'autres moyens de se faire entendre à demi-mot d'un esprit aussi avisé. D'ailleurs, la précaution eût été parfaitement inutile. La vérité est que Talleyrand entra exactement dans les vues de Louis-Philippe el le renseigna d'autre part avec fidélité - si un tel mol ne jure pas, s'appliquant à un tel homme- sur les sentiments del' Angleterre el des puissances ré!)nie& à ]acon•
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