lllSTOJnE SOCIALISTE 123 En attendant que soit élaboré le plan d'une« rnsle institution de er(·dil •, le ministre du commerce« présentera un projet de loi relatif à la réforme du Code hypothécaire et ù la mobilisation du sol, qui aura pour effet de faire disparait,·,• le caractère f{odal dont les lois qui régissent la propri~tt'•sont encore rmpreinlcs i. Ce programme économique est aussi vague que gfoér.JI. li annonc·,• bien que l,•, ministres« proposeront des mesures propres à arnl;iiorl'r 1.,.:-orldu lran,illf'l1r ('m• prunleur relativement au prêteur, celui <lulocatai1·cet du r,~rmicr rlativrnwnl au propriétaire»; il promet hirn un projet c<quisera de naturr à produirPurn•bai:---,1• de l'intérêt en matière de crédit public cl de crédit privé,, ..\lai,. pour le publie 11011 initié à la doclrirtc, un lei langage ne dit rien. Le saint-simoni~me. nous le v(•rrons plus loin, ne pouvait dire da,·antagc sans s'écarlrr de !-Ps princi1ws économi<p11", qui reposaient sut· la substitution de la. propriété industri,,lle m,,bilièrc il la pro• priélè agraire et féodale, el sur l'organisation hiérarchique. par les chefs d'industrie, du monde du tra,·ail. li est justc"d'ajoulcr que St'ulle mérite donnait ace(', aux diY('rSdr~ré, dP celle hiérarchi{"industrielle. Le• message » saint-::simoni11nr l'oubliait pa-,, et il l'affirmait en ces termes: t( Le::,privilèges hérlditaires 1 monumrnts des temps <l'csdanu{r, doi,·enl db· paraitre. )les ministres vous pl'Oposeronl l'abolition de lïiérùlité de la pairie, qui préparerale::,P:-.prits à la supprt\s.siongraduelle de toutes tr:u1::,m..~.iion-;hérl•dituirc... <ltlS avantage~ sociaux. » La quf'.:;tiond!:Ila suppre..,~ionde l'héritaµ-<l•'"ilainsi trt.'~ adroitement introduite. Si la pui..-.;ancc politique ne doit pa:-.être trt1nsmi"c ht;reditair(\mcnt, de qud droit la puissance éconornique, la propl'iélé qui en p..,tJp fond"menl, le serait-elle ? Puis, précisant, le roi saint-simonien qui ne craint pa:-; c1·aug111ente1· le budget, car il est« persuadé que le gou,·cmcment le plus économe n'est pas ,·elui qui dépense le moins, mais celui qui dépense le mieux "· projl'ltc de se procurer· des ressources nou,·cllcs « par un impôt progre:--sisfur Jcs succl\::-sions cLpar la !<IUJ)• prci;.sionde l'hérédité en ligne collatérale». Dcsquatrc-Yingts millions ainsi rcC'ucillis annuellement par l'État, le« discours de la couronne n propo:-;cd,(.\11con:sacrer quarnntc" à fonder par toute la France de vastes écoles , pour les ellfants de« la classe ln plus nombreuse cl la plus pauYrc ,, celle• qui joue le rôle le plus important dans la création de la richesse sociale» et c1ui , doit être retirée de l'étal d'abaissement où elle est plongée »: dans C{"S ecolcs, ils « rccc,-ront une éducation morale, scientifique et industrielle, conforme à leurs degrés diwrs de capacité. Cnc autre somme de quarante millions sera consacrée à doter des ban. ques qui leur fourniront des capitaux au sortir de ecs écoles ». Cc discours dont n'approchent point encore les discours-programmes ministériels d'aujourd'hui, déclarait bien prématurément - mais n'est-cc pas le privilège el le devoir des novateurs! - que la France YOulait < le travail», el ne voulait • plus d'immobilité, de privilèges héréditaires », ni• d'oisifs» et qu'elle arnil « soif de développement industriel et scientifique •, cl• soif d'association •· C'était
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