Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

122 Ill TOIHE SOCIALTSTE llenri Heine, parlant de cc président imposé par le ministre, dit qu'il Hait , le M,·ouemcnl même•• cl note qu'il eul c l'arl de bien ser,·ir les inlérèls du ro, :Jar l'abréviation ou la prolongation des séances•· Le portrait qu'en \race le critique "'est pas flallé, mais combien expressif au physique et au moral : • C'est un homme ramassé, qui a l'air d'un Brunswickois vendant des têle:; de pipe s dans le;, foires, ou bien cnrore d'un ami de la maison qui apporte des croquigno llcs aux ?nlants cl caresse les chiens. • Louis-Philippe avait lu Ir discours de la couronne, le 23 juillet, devant le, Chambres assemblée,. Les debats de l'adresse s'engagèrent à la Chambre cl l'opposition y déploya toutes ses ressources, accumulant les amendements. Ce q,.-Nait ·e discours, le caractère de Casimir Perier qui l'avait rédigé peul en don ner une idfr. Le pouvoir trouve que loul est pour le mieux. S'il y a du chômage, la faute •n ••sl à ceux qui agitent le pays. Les armements sont lourds, mais une politique pacifique pourra permellrc une jour de les réduire. Cc discours lut relnil dans le Globe. Supposant un monarque éclairé par la pensi1e de Saint-Simon, le rédacteur !ail parler le roi ainsi : • ~ks relations awc les som·erains étrangers vont changer de caractère; je vais réclam r deux que Ioules les formes mystérieuses drs chancelleries soient abandonnée, ... L'. \ n~loterrc cl la France continueront à cxcrecr sur tous les peuples une surveillance èmancipatricc,et ü les poussertous dans la voie parifiqlu'.11 Le rédacteur ~aint-,imonicn, sous le cou,·crl de ce discours supposé, tra ce le pion d'un accor,I entre l'.\nglclerrc, la Prusse cL la France pour interpos er , elle irrée;,i~tiblf' inOut'ncelùoù il y a des ~laives tirés,là où d'autres glaivet,s'aiguisl\nt 1 . .\la• voix pacifique mais ferme» de celle coalition libérale,• l'Italie r espir,ra, t'h,•roique Pologne rccu~illera le fruit de sa sublirne résistance; l'Europe sera en paix, cLle Isar épanchera leflol de ses soldats vers l'Orient qu'il brûle dr co nqu(•rir el <(Uf' nou"ilui donnons mis~ion de civiliser. • On sait comment l'autocrate ru ,s~ s'est acquillé, depuis, de la «mission »i1uc lui confiaient imprudemment les disciples de ·aint-Simon, cL la Chine n'est pas près d'oublier les atroces noyades d e BlntO· vetchcnk, non plus que le monde comment il s'est !ail battre sur terre el sur mer par un peuple d' • idolâll'('S • subitement surgi en pleine ci\'ilisation . Le Globe poursuit sa fiction d'un roi converti au saint-simonisme.• Le buL de la législation, lui lait-il dire, ne doit pas être de punir un coupable ou d e ,·cnger la société, mais d'améliorer, par une initiation quelquefois rigourtJuse, un malhcurcu~ que la société a lai.ssé sans èducation, sans guide, sans patronage. ~Ion ministre de la Justice vous proposera l'abolition de la 1'Elll'E oE MORT,do la llARQUE, de l1 EXPOS1T10~, des BAG~ES cldc la co~TRAt'i'TE JJARCORPS.• Le roi est censé proposer ensuite, comme rcmiode ù la crise économique, une • organisation industrielle au sein de laqueUe les efforts isoléset rivaux auj ourd'hui seront reliés el combinés de manière à maintenir toujours l'équilibre cnt.re la pro• duction et la consommation, c'est-à-dire cnt.re les forces créatricœ du vavail el les besoins des travailleurs•·

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