Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

Il ISTOIRE SOCIALISTE 111 <.·onH'ÎllaiC'nl ou,·crkmenl. On ne pouvait mieu...xs1'1·onderla politiqur r,·•trograd+' de Louis-Philippe, ni la mieux identifier a,•cc l'inlfrêl de la France. JI faul insister sur celle nllilude de la press" r,1publiraine de IS:JO,qu',•11,• gardera pendant loul le régime de Louis-Philipp<'. Elit• nou, montre tommPnl. ,ous l'impression des guerres napoléoniennes, lescnlimenl du droit des nalionulik< s'était fondu a<-cc le sentiment de la liberté, puis aYail clt,paru dans If' ha,s,ahl" -.rnlimcnl de cc, qut• la FrancP devait à sa gloirl'. C'c::,llà l'origi111' d'une tradition qui ne se consC"rvcra qtw trop bien dans le radicalis1nc rrançais. C',,"tl tt•llc tradition qui frappera d,• paralysie partielle Ir parti r•'publicain en I,-'I.~ lorsque le parh clfrital s'afluhl,•ra du masque palrinlir1uf'. ,,'.,,l <'lie qui fournira au nationalisme dirig{• par 1,•s conservateurs son eontingenl de r(•publicains abusés cl dél'oyés. Le, gou,·ernemrnls de la Sainte-Alliance tenai,•nl la France pour rc,ponsablt• de l'agitation qui s'1 1tail ainsi {•tendue à Loule l'Europe. A ddaul d<' louL aulr1• t'ncom·agemrnl1 il Qsl certain quC'son exemple eût i,uffi à les y cntrainPr. • Dès 1, premier jour. note )1. Thureau-Dangm, )1. de )lell~rnich a,·ail pressenti que la r·évolution (•clalée en France aurait son contre-coup en Italie, cL ses regard, s'élaienL tournés avec anxiété de ce côté. • Entre la politique que )1. Thuri•auDangin approuYO sans réserves, rl celle qu'il reproche il .\rmand Carrel, à Lafayellr eL à Loui, Blanc d'a,·oir préconisée, entre la paix à touL prix cL la guerre au monde enlier, entre la complicité avco l'absolulisme aux répressions féroces cl l'inlcrycnlion armée dpns les affaires do tous les peuples, il y a,·ait une troisième solution, vers laquelle penchait le cœur des libéraux, Lalfille en lête. )lais celui-ci a,·aiL lo cœur aussi faible que l'espriL léger. li n'était pas de force ù lenir lêle au rusé et tenace Louis-Philippe, cl celui-ci se servit des Yelléités de son ministre pour se faire un mérite auprès des cours de les avoir contrecarrées et rentrer ainsi en grâce auprès d'elles. La renonciation de la France à Loule prélcntion sur la Belgique et à toute ingérence au Portugal sulfisaiL à lui assurer la neutralité biell\·eillanle de l'.\nglclcrrc; la proclamation très nclle du droit des nationalités rassurait la Pru,se sur notre prétendue revendication de la rive gauche du f\hin el permcllail au lrhéralisme allemand do prendre son moL d'ordre à Paris sans revêtir même les apparences d'une défection au senlimonL patriotique; une allilude défen,in résolue cl proclamant bien haul le dessein de ne pas plus laisser un soldal fran~ais mcllre le pieds hor, de nos frontières qu'à y laisser pénétrer un soldaL élrani;f'r, eûL donné une force irnmensoaux insurrections nationales cLlibérales, tout en ôtant tout prétexte à l'a!,solutisme pour nouer une coalition européenne contre nous. De plu., eclle alliludr l'eût paralysé dans la lulte contre les peuples en révolution. L'imprudence des républicains, cL surtout le conservatisme de Louis-Philippe, ne permirent pas à la France de jouer co grand rôle d'initiative par l'exemple, après avoir tenté vainement do le jouer par les armes. La réaction triompha. partout, en Europe comme en France, et il devait appartenir au socialisme do

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