112 i11STOIRE SOCIALISTE notre langue, voulaient garder nos lois•, désirèrent nous appartenir, par orgueil. ,\doplcr le Code français, mieux approprié à l'état économique et social du Lemps el du milieu que les coutumes confuses du moyen âge, dont les autres législations d',\llemagnc ne s'étaient pas encore débarrassées, cela ne ,·oulait pas dire adopter la sou,·erainclé française, Des affirmations comme celle de Llluis Blanc, qui étaient monnaie courante en 1830 et le lurent jusqu'en 18î0, attiraient aux publicistes français des répliques comme celle de la Ca:ette<l'Etat, de Berliu, pour qui les, frontières naturelles de la France étaient les \"osges et les Ardennes», JI y a dans le ton belliqueux des libéraux et des républicains de 1830 la preuve que, scion l'expression de ~L Thu,·cau-Dangin, la France était « mal guérie des i"rcsses napoléoniennes», puisque les tenants de la liberté permettaient aux Fran, çais une« ambition sans limites• et que, ajoute Louis Blanc,« tout pouvoir digne de les goll\'Cl'ncr allait éddemmenl par eux gouverner le monde », Dépassant même en pensée l'effort de la Convention, l'auteur del'llistoire <le Dix ans s'écrie: « Les événements appelaient notre patronage à Constantinople et nous donnaient, avec l'empire des sultans raffermi, le moyen de sauver la Pologne, L'uniforme de nos soldats, brillant sur li) sommet des Alpes, suffisait pour l'indépendance de l'Italie, :\ous pou,·ions offrir aux Belges, pour prix d'une fraternelle union, la s ,bstitution du drapeau tricolore à l'odieux drapeau de la maison d'Orange, et 1us marchés, non moins opulents que ceux des colonies hollandaises, En nous dé_ clarant avec énergie pour dom Pedro, nous fo1•cionsles Anglais à contracter avec dom ~ligue! une alliance exécrable, et nous sapions à Lisbonne leur domination déshonorée. :\ous emparer moralement de l'Espagne était facile, car nous n'avions pour cela qu'à pousser contre deux fonctions monarchiques, ardentes à s'entredétruire, les réfugiés espagnols invoquant le magique souvenir des Cortès de 1820, • Tandis que pour Louis Blanc« il suffisait que le drapeau tricolore fût déployé et vlnt rappeler aux vieux soldats que la dernière amorce de Waterloo n'était pas encore brûlée•, le .\'ational demandait la« revLsion immédiate» des traités de 1815, et déclarait que « la patrie n'est pas heureuse quand elle n'est pas suffisamment glorieuse, • La Tribune, de son côté, dans son numéro du 3 décembre, exige c1ue l'on fortifie Paris, Dans le numéro de l'avant-veille, elle a pressé le ministère de mettre « une armée formidable entre les frontières et Paris ». En novembre, elle s'est vantée d'avoir osé• ressu&citer, avec le mot patriote, les idées patriotiques •· Elle a exprimé cc regret : « L'élan prodigieux du peuple n'a pu, au bout de trois mois, nous procurer une armée •· « Nous voulons bien, dit-elle, ne pas qualifier encore le parti qui nous est opposé ; ceux qui appellent déma· gogues les amis de la dignité nationale pourraient donner à penser qu'ils appellent amis de fordre les amis de finoasion. • Contraindre la Prusse à reprendre son rang dans la Sainte-Alliance, y jeter 1'1\ngictcrrc malgré son gouvernement libéral, voilà l'admirable politique que, prr l'intervention en Portugal et la conquête du Rhin, les chefs de la démocratie
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