HISTOIUE SOCIALISTE 87 ~h1rmont, les maréchaux qui ne cherchaient qu'un prétexte pour faire oublier -leurs services ... De plus, il n'y avait qu·au point de vue politique, que Ney put plaider sa cause. Au point de vue militaire elle était jugée. Après tout, maréchal, chargé d'un commandement, ayant prCt6 serment de déftndre le pou voir auquel il était soumis, il avait violé ses e11gagements et déserté son parti. JI n'est pas de gouvernement, il n'est pas de régime qui puisse subir impunément un pareil acte. Le pouvoir civil, si avili qu'il soit,-ne peut durer s'il n·a pas la main sur l'épée des chefs militaires. On pouvait négliger de rechercher sérieusement le maréchal, mais, une fois arrêté, non de le poursuivre el de le juger. Or, sa désobt'issance méritait un châtiment. Ce châtiment devait-il Otre la mort? Voilà où la politique pouvait intervenir et on pouvait penser que la Chambre des Pair~, moins tenue par les règlements qu·un conseil de guerre, pourrait avoir en tout ceci de plus larges vues. Etait-il utile à la cause royale de frapper à mort cc solùal ·? Elail-il juste de ne pas se rappeler que le maréchal avait subi l'ascendant d() l'empereur - et surtout quïl avait été entrainé par S()S troupes? Le maréchal devait penser que ces questions se poseraient d'elles-mêmes devant un corps politique ... Et il voulut y paraitre. Mais les passions étaient surexcitées et déjà, au mépris de toute justice, M. de Richelieu, parlant à la Chambre des députés, après l'anêt d'incom1>étence du conseil de guerre, avait promis un châtiment « au noru de l'Europe•· Quand le maréchal parut devant la Chambre des Pairs il dut voir qu'il s'était fourvoyé dans un prétoire où son procès ne devait Nre qu'une form111ilé. Est-ce pour cela qu'il laissa ses défenseurs utiliser les fins de non-recevoir les moins sérieuses? Ceux-ci déclarèrent d'abord - que C\()Y était couvert par la convention militaire du 4 juillet où Blücher el Wellington avaient promis de ne pas inquiéter les personnes pour leurs actes et Jeurs opinions. Comme si Blücher el Vlellington avaient pu parler au nom du gouvernement dont ils o·avaient pas mandat! Jls soutinrent ensuite, sans plus de succès, qu'aucune loi n'avait donné à la Chambre de& Pairs compétence judiciaire et demandèrent un sursi,. Enfin, ils allèrentjusqu~à réclamer l'incompétence, sous le prétexte que Ney était né à Sarrelouis, et que Sarre• louis ayant été enlevé à la France par le récent traité du 20 novembre, Ney n'litait plus Français I Où peul mene~ la procédure? Ney protesta et déclara vouloir mourir en Français; mais ce ta~dif mouvement, arraché sans doute par Je sentiment de la révolte générale, n'empêche pas que Ney a dO.consentir à ce que ce moyen fO.ldéveloppé. Car, qui croira que des avocats aient pu s'engager seuls dans une pareille voie? li valait mieux livrer sa tête que de la vouloir dérober par de pareils artifices. Les témoin~ Curent presque tous hostiles à Ney; au moins, il put faire la preuve que jamai$ il n·avait promis d'enfermer Napoléon dans une .cage de fer, que jamei.s il n'avait sollicité ni r,•çu du roi la moindre somme.
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