80 HISTOIRE SOCIALISTE l'armce tle la Loire dès la publication de l'ordonnance du 24 juillet qui le visail personnellement. Mais, attiré à Paris par sa jeune femme âgée de dixncur ans t'L qui allait accoucher, il y fut vu, dénoncé el pris. Il avail entrainé vers rempcl'Cur son régiment, à Grenoble: il détermina ainsi plus vivcm~nl la prise de la 1ille. Il avait été à Waterloo, puis, après le désa~lre, soutenu à la Chamore des Pairs la fortune déchue de Napoléon en couvrant Ney dïuveclivcs; il fut rusillé dans la plaine de Grenelle. Louis XVJII ne voulut - ou ne put - faire gràce. ELpuis, cc ful le tour du maréchal Ney, car, par un ironique el lrisle deslin, le, deux soldats qui s'élaienl si 1•iolemment heurtés à la Chambre des Pairs devaient mourir les premiers, viclimes de leur allachemeul à l'empereur. Il ne semble pas que le roi Louis XVIII ail voulu la mort de Ney el, en foil, la promulgation d'unet ordonnance annonçant des arrestations était une suffisante incitation à la fuite. Drouet d'Erlon el Grouchy, pour ne parler que d'eux, eurent le temps de s·expalrier, run à i\lunich, l'autre en Amérique. 'ey voulut ruir; mais ü la frontière suisse il ue put user de son pa~sc rorl cl il,rtvinl dans la Luire. Las d'être l'hôte incommode d'un royaliste coiiragcux, il alla dan, le Lol, ci1t'z un parent. JI rut dénoncé par ~on sabre, un sabre turc resplendi,sanl de riche5scs que Napoléon lui avait donné à son mariage cl qu'il laissa Lratncr el qu'on reconnut; entouré de gendarmes, il se livra, el d'autant plus vite qu'il élail révolté par une accm,alion dont il voulait raire justice, celle d'avoir Louché du roi 300 000 francs, au mo_menl même où il allait trahir sa parole ... JI promil de ne pas s·cnruir cl, en roule, dul le regretter, car il traversa l'armée de la Loire et ne pul profiler de l'évasion qu'Exelmans avait pour lui préparée ..• L'accusation dirigée contre Ney élail d'avoir violé son serment, rejoint l'empereur, amené à « l'u•urpaleur • son corps d'armée, rendu plus facile le délrônemenl du roi. .. li comparut de,anl un conseil de guerre, recruté à grand'peine, car ~loncey, chargé de la présidence, s'était Tefusé à cette besogne de sang contre un camarade el avait perdu, dans sa protestation, son titre, sa pension, sa liberté. Le conseil, présidé p~r Jourdan avec Masséna comme premier assesseur, avec Augereau el Mortier, se réunit le iO novembre ; la salle était était comble el olTrail aux premiers rangs l'éclatante exhibition de toute l'aristocratie féminine qui venait voir comment la bêle redoutable serait forcée. A la grande surprise de tous, Ney récusa la compétence du conseil, invoquant, pout Mre ju_;é par la Chambre c!es Pairs, son litre de pair. Nous ne concevons pas, à distance, cet étonnement. li est impossible que les avocats du maréchal, Berryer père, Berryer fils et Dupin, n'aienl pas, avanL d"agir, discuté entre eux celle périlleuse procédure. Ils ont eu leurs raisons : on a dit que Ne_yaurait échappé ù la mort. On a pu le penser sur le moment même, mais non apr~s l'arrM de la Chambre des Pairs, où les plus acharnés lur!)nt les maréchaux,· entre a ulres
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