88 Il ISTOl ll E SOCIALISTE Sur l'accusation même, un duel formidable, où les mols meurtrissaient comme des balles, s'engagea entre lui et Bourmont, Bourmont son lieulenanl de Lons-le-Saunier, Bourmont qui, revenu de l'armée ennemie, honoré pour sa trahison, l'accabla ... Les défen~eurs s'allardèrent à des querelles puériles sur les dates, sur les faits. au lieu de s'élever à un débat digne deleur client et de leur cause. Il fut condamné le 6 décembre à la peine de mort par i39 voix contre i7. Parmi ceux qui signùrent l'arrêt, qui, obligés de châtier, nous le reconnaissons, n'écoutèrent ni la générosité, ni l'inlérêt du roi, qui ne comprirent pas qu'à une époque pareille toute peine irréparable était une faute, on rencontre : duc d'Uzès, duc de Chevreuse, duc de Rohan, duc de la Rochefoucauld, duc de Levis, duc de Castries, duc de Doudeauville, Latour-Maubourg, prince de Ilaufremont, comte de Caraman, marquis de Gontaul-Iliron, comte de la Guiche, comle d'Haussonville, vicomte Mathieu de Montmorency, comte de Mun, etc. Et voici le vote des maréchaux : Marmont, Pérignon, Sérurier, Kellermann, Maison, De~solles, Victor, Ganthaume (amiral} volèrent la mort. Le lendemain, 7 décembre, au matin, Je maréchal Ney fut fusillé dans les jardins de robservaloire. Au même moment, en Italie, mourait Murat: après avoir trahi l'emperJur au profit de la coalition, il avait attaqué celle-ci qui Je repoussait. Chassé cle son lrône fragile, il arrive en France, rejeté avec mépris par Napoléon, se cachant le jour dans les anfractuosités des rocs, marchant la nuit; il put, par mer, gagner l'Italie et y accéder. Mais saisi, arrêté, jugé, condamné, par les ordres de Ferdinand, il fut fusillé. Mais une victime avait échappé au peloton d'exécution : Je comte de La Valette, directeur des Postes sous l'Empire, avait repris aux Cent jour; son emploi, ressaisi sa fonction avant l'entrée de Napoléon à Paris. Ensuite il avail refusé de se cacher, s'imaginant n'êtr~ poursuivi que pour usurpation de fonctions. Il le Cul, mais pour avoir pris part, par son usurpation, à un complot. Le soir même du jour où il fut jugé, il fut condamné à mort : l'exécution. devait avoir lieu le lendemain. Le soir, cependant, sa femme le vint voir : une hérorque supercherie la fit se substituer au prisonnier qui sortit habillé en femme, tandis que madame La Valette demeurait derrière un paravent, assez longtemps pour échapper aux regards du gardien. Pendant c& temps, La Valette, sanglolanl, accompagné de sa fille, traversait les corridorsUne première épreuve le fit presque défaillir: on n'ouvrait pas la grille et it n'osait pas parler I On l'ouvre et il prend place dans la chaise de poste de sa 1 femme: les porteurs étaient partis. Dix minutes s'écoulent. En.fin, d'autres porteurs arrivent. Mais le gardien a fini par découvrir la substitution: il veut se précipiter au dehors. Madame de La Valette se suspend à son cou. li crie, on vient, on se jelte partout, on court. La Valette fui introuvable. Le lendemain, le mi-
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