René Viviani - La Restauration : 1814-1830

H!S'l'OlllE SOCIALISTE 73 avait, J,,rs de sa fuite à Gand, ùê~o,é, à Londres, cr qui, joint aux dépouilles dr la fortune privée de l'emperem·, conslituail une rente pour sa fi<lélit<'.Talleyrand, qui a,•ait été miné par ,es collègues, prévenu, a1·ait surgi de Yienn~, avait confié sa cause à Wellingtou, s'était impo~é; il demeurail. Mais il fallut prendre, en outre, la char:re de Pouché, el de la main de Wellington. Celui-ci pen•ait que l'habileté de Fouché serait, en de pareils moments, l'au~iliaire natur~l du tr(,ne. Et on a ,·u que Fouché avait reçu, après une entrevue à Xeuilly arec le roi, Ir portefeuille de la Police. Dans les derniers jours, il cumulait le litre de président du gouvernrmeat provisoire el de ministre du roi. Avec eux, !Dl. de J.1ucourt (~Juine), Gouvion Saint-Cyr (Guerre , Pasquier (Justire) compll'lèr,•nt ce gouvernement disp1rate, où un é1~que marié, un régici,Je, de; r0yalistes allaient se mellre d'accor.J pour e,écuter la rnlo!lté royale. Enfin, M. Decar.es, jeune homn,e qui, commandant d'un bataillon de la garde nationale. avail rdnsé obéissance à Xapoléon, prit la préfecture de police. CPti réglé, Louis X\'111, le 8 juillel, à quatre heures, reutra au, Tuilf'l'ies, accueilli à la barrière par ~I. cle Chahrol, préfet de la Seine, antérit•uremenl sou--1,réf~l de Savone el geôlier du pape, el qui, d'al'oir conlempl6 la!lt de spectacles contradictoires, avail perdu la faculté de l'étonnemenl. Comme en 181\, Louis X \'lll rentrait clans une capitale quP lui 1i1·raiL Jïnva<ion cl, quelque soin qu'il p,Jl pour marquer sa dignité, il n'a pa, pu elTacer ~ur son nom de famille la tache qui la souille. Pendant toute la nestauration, une sourde colère circulera dans les conscience, conlrr celle in. tronisation, pour alloulir enfin au tardif éclal de juiltct 1830. ~lais quelle différence off ail la villti en 181;, el en 181\ ! Parh n'était plus qu'un camp retranché où, dans le bariole ncnt des uniformes, se1!l l'uniforme français faisait défaut. La ville était livrée uux armées de l'Europe. On se rappelle que Dlücher al'aiL exigé le log~ment chez l'habitant pour ses ;;oooo soldats son armée, la vtille de son entrée di!n; PJris, s'otait accrue). Il exigea plus: il fallut remettre à chaque sohlat draps, couvertures, pain, viande, \'in en quantité. A l'armée prussienne s'ajouta bientôt l'armée ru,se, puis l'armée anglaise, aussi eAigeantes, aus,i encombrantes. Toutes les requètes insolenles, p·,rfois cyniques des soldats, taules leurs plainles étaient accueillies par leurs chef~, qui se retournaient ensuite vers les autorités civiles pour réct,mer l'exéculion des mesures arrêtées. Autour des Tuileries, les canons prussiens, la mèche allumée; ce qui n'em11<lcha pas, le soir de l'arrilée du roi, les dames de l'aristocratie de se produire clans des danses de joie. Au LuAemb ,urg, même spectacle. Blücher réclame i•JO millions d'indemnité qu'il ,cul bien ré,luire, sur la plainte des alliés redoutant la gloutonnerie teutonne, à 10 millions. li dispose des mines sous le ponL d'léna, el ,·a le faire sauter, quand, heureugeme!lt, le lO juillet, les souverains arriyent, l'eu empêchent el, plus humRins, régularisent un peu celte anarrhie. En

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