René Viviani - La Restauration : 1814-1830

71 I!ISTO!RE SOCIALIS'l't,; sidée par CamlJacérès, se réunis,·,; pour si séparer. A la·ChamlJre des députés, on rlisculail sur une comlilulion ! Manuel parlait sur l'hérédité de la pairie, lorsqu'on apporla, sans que l'orateur ,;'inlerrompll, une communication du gouverucmenl. une lettre C'était de Welliaglon annonçant l'arrivé,e clu roi Louis X\ïll. On la lul, personne ne prolesla, el on se sépara pour revenir le lendemain. ~Jais, dans l'inlervalle, les Pmssiens avaient dissous le gouvernement en pénétrant, au, Tuileries, dans la salle de ses délibérations, el, le lendemain, la porte de la ChamlJre élail close. Contre elle vinrent :,c heurter, dans la matinée, desdépulés, donl La Fayette, revenu, a,·ec Yoier d'Argenson, de sa ridicule mission auprès des souverains qui ne le reçurent même pas. Quant à L~,,uché, à l'arrivée des Prussiens, il s'était IC\'é. Comme l'officier lui remellait une lellre, il l'ouvrit. C'était une demande de contribution ùe guerre de 100 millions. • Nous la laissons comme legs au bon roi Luuis XVIII», dit-il, el il sorlil... 1our aller prendre possession du ministère de la Police, qu'il s'était réservé comme salaire de ses triomphantes démarches. Lui seul, flans ce l,ouleversement, où un roi el un empereur arnienl alJanclonoé tour à tour leur couronne, n'avait rien perdu, pas mème l'estime, qui, depuis longte111ps, l'avait quillé. Louis X\ïll alla il donc rnvenir. li était par li pour Gand, misérable el seul. Là-bas, il avait 1oulu que, m, 1me un jour, même une heure, la royauté ne fùl pa, suspendue, cl il avait organisé son ministère, avec Blacas. ChateaulJriand pubiia mûme, deux fois par semaine, une sorte de j-,urnal officiel. li a,ait, cepe11danl, au cours de la bataille de \Valerloo, connu les angoisses de l'inrerliludc, sur la foi de quelques fuyard,, fait ses préparati!S pour O:slrnde. Enfin, il apµril le triomphe des Prussiens, qui, était celui de la 11101nu·chiefrançaise, el il s·orcupa de rentrer en France. \\'ellington le prérédail, comrne une sorte de héraut chargé de l'anoüncer, el chaque pas que faisait l'armée anglaise lui ou\'rail à lui la voie du trône. li avait préparé une première prorlamalion dool Wellington ne voulut pas, el il dut en récliger une seconde où il promellail l'amnistie, l'oubli des fautes commise3. Il le faisait de mauvais gré, sans doulc, mai~ cependant avec un plus vif désir d'apaisement que la plupart des hommes c1ui l'enlouraicnl. et qui, pour la perte de la monarchie, devaient conti1rner à imposer à sa délJililé la tutelle de leur fanatbme. Pas à pas, il suivait Wellington, el c'est ainsi qu'il pril possession de Saint-Dénis le 5 juillet, au moment milme où, en exécution de la « conl'enlion "• Wellington sïnslallait au chAtea,1de Neuilly. C'est là qu'il dut penser à organiser le 111inislère.Ou avait pu lui arracher l31acas, le favori impopulaire, que les royalistes, deux rois émigré,, chargeaient, à juste litre, de Lous les reproches, et qui avait si souvent formé, devant l'assaut de leur olJ,équiosité, les aolichambres royales. Dlacas devint arulJassadeur à Naples, et comme son désintéressement était· au niveau de son habileté, il se Ill donoe1· par le roi sepl millions, que celui-ci

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