René Viviani - La Restauration : 1814-1830

i2 HISTOIRE SOCIALISTE à la cause des Bourbons, et celui-ci écrivit à Fouché pour lui dire que le retour du roi était néce,saire. Fouch6 promil, st1r des s0 nlimenls de l'armée, de tnire à ce sujet el au profil des Bourbons, un message au-< Chambres. )lais l'habile inlriganl élail trop fin pour livrer d'un seul coup la bataille: il essaya lfabord l'efTèt de sa propre pensée sur ses collègues du gouvernement. Au premier mot, en enlendanl parler des Bourbons, ce (ut un tel éclat que Fouché et Davousl se lurent. Cependant Vitrolles, ignorant de l'échec que Fouché avait subi el quïl cachait dP. peur de perllre son prestige, s'impal ienlail. Le message ne venait ras. Fouché l'avait-il lui aussi joué? Fouché rassura de ses bonnes intentions el le pria d·attendre. )lais de, dirficullés énormes renlouraienl, el de si près qu'elles allaient finir par paralyser ses actes. A l'intérieur de Pari•, l'armée bouillonnait; près de Paris, au Bourget, Blücher el ses troupes ... Ilien ne séparait plus les forces en présence; un coup hardi poU\ait faire Jaillir la Oamme, el l'incendie allumé dévorait Fouché et sa fortune. Il fallait donc, par une œuvrc parallèle el ténébreuse, d'une part arrêter les alliés, d·aulre part faire partir l'armée. Pour celle dernière œuvre, Fouché complait sur Davoust, mais qui allait se charger de la première? Pouché pensa employer Vitrolles; il lui envoie un financier nommé Ouvrard, fo~rnisscur aux armées, enrichi de vols cl de rapines, et qui lui demande, en lui o!Tranl deux millions pour les nécessités de l'opération, d'aller voir Grouchy, de combiner avec lui la convention qui amllera les alliés. Vitrolles écarte l'argent, accepte le mandai, va trouver Davou,t, el se tenait dans son cabinet quand ce cabinet est envahi par une délégation de parlemcn;aircs et d'orficiers. Davoust a l'imprudence de nommer Yilrolles; alors une scène violente éclate : • On nous ramène les Bourbons, ·on nous trahit». Les orflciers pré;ents signent cl forcent Davousl à s:gner une proclamation contre les Bourbons, el le gouvernement a1crli, malgré Fouché, fait arrêter Vitrolles, qui, prévenu à Lemps, se mel en ,Oreté. Toul semble perdu! Toul va réussir au contrair~, grâce à la ténacité scélérate de Fouché. On veut défendre Paris? Le pwl-on? On réunit un conseil de guerre où ~larmonl, Davoust, Ney, Vandamme affirment l'impossibilité de la défense. Et pendant ce temps, Wellington écrivait à Blücher une lettre qui ne fut que plus lard connue, el où il déclarait qu'il n'était pas en force pour cnlc1cr Paris. Blücher n'avait que 3::;000 hommes épar• pillés, tandis que 100000 soldats attendaient dans Paris 1. ~ais le temps presse : il faut arrOler Blücher. Déjà Il est à Saint-Denis, et, par ses ordres, tous les environs de Paris sont tenus. Une commission d·armislicc propose au-< alliés la suspension des hostilités, co11vention purement militaire ... Blücher ne veut rien entendre. Il lui faut Paris, ses muJ. Au procès du maréchal Ney, Onoust devait 6galement nouer que la défense ,tait po,- sible.

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