René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HJSTOinE SOCIALISTE il des chilfres el de di~poser des troupe~. li y a le facteur moral. Or, le senlimeol du désa<lre, de l'inulililê ùe l'cftort, do la lrahison cachée, mais pcrm1ncnle, de la chute, de la fin, ce senlimenl ar;1il envahi loutes les ânw:,. Aucun chef o·avail d'espoir, tou, allendaienl la nnur ,lu p ,urnir 0l)Ul'eau. les uns le souhaitanl, les autres le rcdoutanl. Comme toujours, le, ~rand, inlé• rèls du commerce el de l'incluslrie, de l'agiotage cl de lu Umque menaient les intrigue~ en faveur ,:e la paix, non pas de la paix allendue el voulue parc,1 ciu'clle clôt le meurlrd colle ·lif, mais de la paix rruclueuse qui ouvre l'ère dt•s profits individuel; ... C'élail au milieu de celle cité que Fouché, 5ans contrôle, gouvernail. On a YU qu'il avail été nomm\\ cher du Gouvernemeol provisoire. Dès les premiers jour,, il eul le dessein, orrlin1ire en son â•ne sordide, de jouer loul le monde, l'armée par Da1ousl qui lui de\'inl niaisement un in,trumenl, le Parlement par quelques intrigants, le Gouvernement par lui-11,ême, de jouer la France à son profil. On l'a vu s'abouchaul avec le duc d'Orléans, alo,, en Angleterre, et faisaut prè,sentir Wellington. Ce projet était depuis longtemp;; inscrit dans sa lêlc. lierne avant le retour de l'ile d'Elbe, il arnit org.1nisé un complot orléaniste dont le général L11lemand el le général Lefebvre-Desnouettes tenaient les fils dans le nord, el c'était la s•ule irruption de :'\a1>uléonqui avait brisé cc complot. Pins tar I, senlant que l'entreprise de Nap,léon ne serait qu'une courle aventure et prenant des garanlies pour l'a,enir, il avait continué, m•·me comme minblre de liapoléon, qui le prit à son scn-ice sans doute pour le nculrafücr, le redoutant da,anlagc hors du pouvoir que dans une fo11clio11.:'\apoléon a1·ail rnèn1 ·surprisses in- . trigues avec ~lellernich, en faveur du ùuc d'Orh•nn-. el l'aur,tit fait ru,iller si, oprelé à la frontière, il n'eûl dù ajourner cette e,éculion. Fouché donc ne faisait que développer, com111•'chef du pouvoir, un plan depui, longtem,,s arrNé. Pour gagner du temps el pour apai,er l'armée, il amil fait proclamer Nap•)léon Il par le Parlement, sachant bien que les puissances ne se rallieraient pas plus à une régence en 1815 qu'en 1814. )fais le duc d'Orléans refusa d'entrer dans ses 111cs el \\'cllington au:asi. Le duc d'Orléans u'aurail pas élè autre chose qu'un us11r1ateur, el alors à quoi bon chasser Napoléon? Fouché immédfalemenl se reloume: il lui r,,ul gagner la faveur des Bourbons. Toul de sui le, il agi 1, envoie prévenir Louis X\ Ill et prépare Paris cl le Parlement à la renlrée solennelle du roi e,'tilé. Ce n'était pas chuse ai~ée : l'armée étail dévouée à Napoléon, le Parlement ttait presque hostile, eu lous cas indilfêrenL au, Bourhons, el le peuple, qui avait vu revenir en 1814 le spectre de l'ancien régime, ne se préparaiL pas à un enlhousiasle accueil. Fuuché gagna Davousl. li avail précisément fait sortir de prison de Vitrolles ramené de Toulouse à Pari•. Ce dernier, qui allait partir à la recherche du roi, demeura à Paris où sa pré,ence étail plus utile. C'est lui qui, conduil par Oudinot, vit OJvousl; il lui p:irla, il le gagna

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