René Viviani - La Restauration : 1814-1830

IIISTOIRE SOCIALISTE 5[ des canons, on créa de~ ateliers, on fil appel Il Lou, le, ou 1•ricrs, on enrégimenta toutes les ardeurs et Lous les coura,;es. Bona11arle, clh-huil heu rcs par jour, surveillait, acti'Vait, soufnail sur celle immense forge créatrice clemorl de Lou:lela foroe de sa vie. ~lais qu'on élait loin des enrôlrments volonlaires ! Voici re que Bonaparte recruta : l'armée, à son arri\'ér, possédait 175 000 hommes, il la porla à 3i;'; 000. Par quels clTectil,? Il rappela les anciens soldats, les sol.Jal~retraités, l'ancirnne jeune gar.Je, cl ainsi, sur 200000 hommes nouveaux, ;ail-on pour quel chilîre complaienl les engagés volontaires? Pour vingl mille I c·e,t la traduction erncle cl brutale de tout l'enthousiasme donl l'histoire nnpoléoniennc a créé la légende. Yingl mille hommes seulement se soal olîerls I Sans doute, la Prance a,ail été. épuisée. Mais elle avait des ressource•. Elle ne c'onne que \'ingl mille hommes! Où étaient les enrôlements volu'>laires? f1ù était la Curie patriotique d'aulrefcis? Où étais-tu, cilé héroïque que lu Révolution garda des souillures étrangères où lrols fois en un siècle le despotisme noya la fierté? El même celle a:rmée loul entière ne pouvait, el pour trois motif-, lui ~ervir dïmmédial inslrumenL. Toul d'abord, en dépit de tou~ le, effort,, <·lie n'était pas tout entière armée, èquip~e. aguerri~. De plus, il fanait bien garder les pinces, assurer la sécurité intérieure en c;1s de ·revers. Enfin il ctait nécessaire, dans l'ouragan elTroyaùle qui jetait sur la France Loule l'Europe, de garder l!>llles les frontières. De celle arm(e, 1\apoléon dut donc distraire 12000 hommes pour surveiller ta Vendée, avec Lamarque cl plus de 4:;000 échelonnés le long de la frontière e,pagnole ou sur le Rhin, ou dans le Var. Que lui restait-il e,actemenl: 113000 hommes distribués en corps d'armée d IIôrenL,, dont les chefs élaienl: comte d'Erlon (1" corp,, 18010 h.); comte Reille (2' corps. :fü ;;~::, h.). C'est dans cc co p~ que le général Foy commandait une divi,ion. \',rndnmme (3' corp,, 13 ~ h.); comte Girard ('i' corps, 11 iOOh.). C'e,t dans cc corps que le général de Bourmont commandait one division. Comte Lobeau (O• oorps, H 770 h.); garùe impériale (18520 h.); lirouchy (réserve de cavalerie, 11200 h.); artillerie (7020 h. el ï.,O canons). Qoanl aux a•mèc, ennemies, r.ous voulons parler de celles qui étaient eu élal sur le Rhiu rt sur la :ro1olitrc Leige ; elles ôtaient commandées: l'armée anglo-hollandaise par Wi;llrngton, avec 102500 homme,, el l'armée prussienne, par B'Uthcr, avec 133000 hommes. L'armée anglaise, qai séjourna il a'Oxalentours de Broxclles, ol l'armJe prussienne, qui élail sous les murs lie Namur, eéparé~s rune de l'antre par quelques lieues, étnienl donc au double de l',,ff'~•tir l'ranqsis. Napoléon he,;ita qu"1qoe temps '!'ur le plan à suivre, et réunit un consew de guerre. Il se1ublait que son ancienne hardiesse l'el\l abandonné. On agita Jongtemp, la question de ~avoir quel serait Je théâtre de la guerre, si ce !lef'ait le, plaine, de la Franœ, où l'on allendrail l'ennemi, ou si ce serait en Belgique que se livrerait le comb,1t. Napolcon, fi-!èle à ~a tactique habi-

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