René Viviani - La Restauration : 1814-1830

52 IIISTOIT\E SOCIALISTE tuelle, qui était l'olTcnsivo, el soumi; aussi aux délibérJlions du conseil qui penchait pour la défensive, rnôla les deux lactiques : il conservait en France des garnisons sédcnlaire,, qui seraient la seconde ligne sur laquelle l'ennemi viendrait se briser, mais il irail en avant surprendre dans leur inrrtie trompeuse les armées ennemies. Elles sommeillaient, en eITet, l'une à Bruxelles, rautre à Namur. Le 12 juin, à trois heures du malin, Napoléon ayant, sous la présidence de Joseph, installé un conseil de gouvernement, quille Paris. li rappelle Ney de sa terre du Coudray, rejette le concours que lui oITre~lural vaincu, re• pentant, mendiant sur la côte de Cannes un commandement, nomme Soult m1jor-général de l'armée. Ce choix tombant sur l'homme de guerre, d'ailleurs médiocre, qui a1ail si platement serri la veille encore la cause des Bourbons, causa à l'armée une pénible suprise. En quelques jours Napoléon esl en Belgique. Que Caire?Attaquer du même coup les deux armées, supérieures en nombre, c'est rassembler contre lui une partie de la coalition. JI faut les attaquer sép ar~m enl. Par lac1ucllecommencer? Napoléon va bondir sur Blilcher. Pourquoi? li escompte la tranquillité britannique, el espère qu'a1anl que Wellington soit venu au secours de Blilcher, il en aura fini avec ce dernier. Le lendemain, il jettera sur l'armée anglaise ses troupes enivrées par la 1icloire, Les ordres parlent : on va allaquer Blücl,er, dont les corps dispersés sonl éloignés les un, des autres, cl n'ont pas, par prodige, connu l'arrhée de Napuléon. Mai; déjà la for Lune, si longtem1>scomplice, marque son inlldélil6. Le malin ùu 25 juin, à cinq heure, du malin, llourmonl monte à cheval, d6passe avec s)n élal-maj lr les lignes franç 1i,es, el passe à l'ennemi. li avait la veille , eçu les ordres généraux de marche. En quelques heures il fut à Namur. A-l-il communiqué ces ordres? On ne sait. Mais il importe peu. Sa seule arrivée décelait la présence d'une armée proche, el le vieux Blücher allaiL se dresser. Au lieu de ;urprendre l'ennemi, Napoléon allait le ren• contrer eJ1armes. li fallait changer de plan. Tel fut l'elfol premier de la trahison de Bourmont, qui affecta l'empereur el jeta dans l'armée le doute. De ce jour, l'armée se crut lrabie par se, chef,, et <1uandrésonnera, le soir ,leWaterloo, le sinistre cri: Sauve qui peull c'est qu'on attribuera à la ,léfeclion la manœuvre suprême de BIUcher. Bourmont, ancien chef de chouan,, a,·ail obtenu des grartes dan; l"armée. Lobeau, Da10usl avaient refusé ses services au début de la campagne; ce sont Girard el Ney qui l'avaient imposé. li ne devail plus reparaitre que pour poigoariler Ney de son perfide témoignage devant la Cour des Pairs, l'i plus lard, sous les murs d'Alger, où il chercha une réhabilitation impossible, el que l'histoire, quand elle est faite de justice, doit refuser à sa mémoire. Napoléon précipite ses mou vcmenLs. li marche en avant sur les Prussiens, dans la direction de Chdrleroi, avec la moitié de l"armée. li culbute

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