50 lllSTOJlll, SOCIALISTE sincérité de se, proi>Osiliorn,.L'Europe agita •es armes et, une r, b de plus, la France <le1int le camp retranché sur lequel la fureur de tant de nations spoliées, y com.,ris l'Espagne gagnée à la coalition, allait se précipiter. Napoléon avait d"aillcurs prévu cet écbèc. Comment ne l'aur,1it-il pas deviné? Qui pouv,til, en France ou en Euro1ic, croire à ses paroles de p·üx et s'imaginer que la main tant d'airnées crispée rnr l'épée a'la,it écrire t·mt à coup de douces idylles? Son génie impétueux, viol'lnt, al.Jsolu, rn1iece, oe génie dont, il ava,il été si souvent fier, maintenant se retournait contre lui. On ne pouvait, on ne voulait pa.~croire que, soudain, cette rage de conq11tites se fùt concentrée en amour exdusiC pour les œuvrc, de plix. On sentait que si un an, deu,x ans lui étaient lais<és, il fi·rait uac armée nouvelle, s'en servi rail comme d'un in,trum 0 nt de ra:,t, ile meuntre et de vengeance. Alalbcur anx i mprudenls monargurs qui auraient lais,é respirer le terrillle enne111i ! Quelles lcmpMes sur leurs lrô1Je,, cl quels clr\timenLs sur leurs tMes ! li valait mieux lutter touL de su ile. alor, que, vide de sang et de force, la Prance, encore meurtrie et, d'ailleurs, divisée con Ire elle-rn~mc, ne pouvait qu'un médiocre effort. Certes, ces empereurs, ces rois ne représentaient pas l'Europe. Ils feignaient de ,e lever pour la lil.Jcrté rtcs peuples contre l'oppros,eur. Or, au c;,ni;rè, de Vienne, iJs avaie11l mutilé l'Europe, ils avaient foulé le, nal1011,1liLéest, par l'in,Lrumenl diplomaLi 1ue, com·ni,; les m~mes violences que Bonaparte p1r son ~uée. lis 110défendaient p·is que leur couronne, leU1·fJmille, leur prcsti;:e. Ils r~présentai~nL aussi le principe de la légiliruilé brisé par la Praocc, el c'est en ce sens qu'on 11rut dire qu·a, travers B')11nparte, bè11élkiaire plus qu'hérilicr de la Révolulh,n, ils voulaient châtier la nation ,!eJx. fois insolente gui, en exécutanL son roi, avait efll,•uré du glaive toutes les têtes couronnées, qui, en suiva11t sllr les champs de bataille 13on1i,arte, av,ù pen:lanl qui11zean,; jelé l'l~uvopc da·is la terreur cl dans le san;. Lo gouver.,eur des Pro,•inces ùu Hhin app,•l,1il les soldais prussiens au p u·taga anli ·i.1é de la natio·i fra11çaitie, et le .1/ercura dtt Rhin publiait ces lignes : « Si nous ~vons de justes mo:ifs pour 1otiloir lJUC Napoléon disparai,se de la scène politique comme prince, nous n·cn avoo, pas de moins gran!l, pour a•uiantir les JJ'rançais comme peuple ... Le monde ne peut re,ter en paix tant qu'il existera un peuple Cra11çais... Qu·on le change donc e11peuple de i'ieustrie, de Bour,;ogne, d'Aqui.-Jine ... » \.,,. Et le malheur, c'est que Bonaparte, pour rnn compte, représentait les - rn~mes privilèges, défendait la légilimilé récente don l il était le robuste ounier. La naliun allait J ayer sa folie ùernière, mais la nation n'étail plus dc1•:·ièrclui. Ce n'est pas de sa cause qu'il était le champion; il le l'it bien. de suite. Certes, il y eut dans l'armée un e1llbousiasme frénétique, et il serait injuste de passer sous silence bien des dévouements qui so sont manifestés. Carnot essaya de renouveler les miracles de la Révolution: on foudit
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