René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HISTOIRE SOCIALISTE monarchique dont ils venaient de consacrer la \(•rlu. Celle lransaclion, dont la commercialilé ne cherchait même pa, à se dérolH'r, fut violemment discutée. Un nom lui est demeuré: on l'a appelée la('unslit11/il)11 de /imt,•s. Elle était revNue de soixante-six signatures. Peul-être n·esl-il pas inutile de rappeler que parmi ces signatures figuraient neuf signatures étrangères : comte Bilderbresch, Carbonara, de Gregori, 11,•rnyude \\'ilveld, de ~Iicronon, Schimmelpennink, Yan de Pol, Van Dedem, \"an Juglen .. \u surplus, c'est à cela que se bornait l'intérêt de celle Déclaraliou, puhliée le 8 aHil au Moniteur, et dont le seul article important est l'article:! : « Le peuple français appelle librement au trône de France Louis-Sla• nislas-Xavier de France, frère du dernier roi, el, ap,·ès lui, les autres membres de la maison de Bourbon, dans l'ordre ancien.» Celle Déclaration fut le signal de la bruyante courli:-ane,·ic qu" conlcnail, seule, jusque-là, le doute où étaient les es1irit, sur les événements. Tous les intérêt; menacés, tous les privilèges, toutes les peurs, troU1èrenl une fo,·mule adulatrice. Pendant quelques jours, ce ful une émulation dans la bassesse. Des fonctionnaires, chargés d'honneurs par:--.apoléon, sesgénérau, enrichis des dépouilles des nation,;, les magblrals, les a1·oc·1t•, toute la société dirigeante a(lhéra par le serment au règne nouY.eau. Les arncals d'Amiens ne furent cependant pas dépassés ,Ians ce concours de servile rhétorique. Devant celle soumi;.sion ,ans retenue, cl qui n'attendait môme pas l'ordre don no 1iom"tromer l'atlitude humiliée, le gouvernrrnent provisoire se donna toute licence. Aucun acte ne lui parut plus ou grave ou impo1m· !aire. Et c'est de cc jour cra,cugle confiance dans ra Ihrsion sans mesure de la nation que datent les faules qui vont un peu plus tard retomber sur le régime. li y avait dans l'armée un soldat, le général Dupont, qui avait capitulé, à Baylen. Pour cela, !'Empereur l'avait comblé d'injustes affront~. C'était, en Lous cas, el ,·i·serve failc clc disgrt'tccs c,cessives, un soldat impopulaire. On en fait un mi.nislre de la Guerre. L"ablJé de Pradl, archevêque de Malines, devient le directeur des maisons de la Légion d'llonneur. La presse est soumise à la censure. Entre temps, les caisses du Trésor public avaient été trouvées presque vides, garnies à peine de dix H:illions qui, sous la main du gouvernement provisoire, étaient devenus, presque totalement, le salaire de beaucoup de défections. On expédie à Orléans M. Dudon, ciui arrache à l'e1-impéralrice les diamants de la couronne, quinze millions, et les rapporte. Une autre expédition, plus malheureuse pour son auteur, rut tentée près ùe Puris. Mauureuil, ce Maubreuil qui caracolait auprès du tzar, à la rentrée des alliés, ayant mis à la queue de son cheval la croix de la Légion tl"llonneur, enlevait, près de Paris, l'argent ùe la princesse de Wurtemberg. li opérait, en vertu d'ordres formels, pour le compte clu Trésor. ~lais la priucesse, cousine du tzar,

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