28 lllSTO,RE SOCIALISTE le fil enfermer. En 1817, il fut jugé el condamné par la cour de Douai, par contumace, non sans avoir partout proclamé que 'l'alleyrand lui avait donné l'or,lre de tuer Napoléon. Talleyrand a nié. Entre ces deux versions, cl surtout entre les deux hommes, rh iSloire hésite foule d'autres témoignages, ne peut faire un choix. Pendant ce temps, le comte d'Artois alle11dait :\ Nancy. Enfin, le~ avril. par l'inlerm6diaire du fidèle Vilroles, Talleyrand l'appelle. JI se met en route, comble de promesses les chemins qu'il parcourt « dans une haie de cocardes blanches », dil-il, el donne surtout l'assurance, afin de ravir la popularité qui se dérobe. de l'abolition de la conscription el des droils réunis - double fardeau qui pèse aux épaules du peuple. JI arrive, L1 difliculté de sa situation politique apparall alors à tous. Comment le traiter? Comment le nommer? Quel litre lui olTrir? La réception ful triomphale. Toute l'émigration chevauchait tt ses cùlés, dissimuhrnl mal, derrière elle, la robuste prestance de quelques maréchaux. Oudinot, Ney, Mortier, empressés à servir le mallrc nouveau. Une rougeur envahit le visage du comte d'Artois à la vue de3 cocardes tricolores dont, par un reste d'haliitude, restait parée la servilité maladroite des officiers de Napoléon. Talleyrand prononça un vague discoms où j) mil son souci à ne pas qualifier le nouveau venu. Celui-ci balllutia quelques paroles sans portée, mais qui, le lendemain, au Jllonitrur, se lransrormèrenl en paroles célèbres : « Il n'y a rien de changé en France : il n'y a qu'un Français de plus». El puis il en Ira aux Tuileries, Sail$ qu'aucune émotion, au moins apparente, vint s'offrir a11x familiers, chez cet homme, revenant, pour la première fois, sous des arcs de triomphe, dans le palais qui al'ait été, pour son frère, ranlichambre épouvantée de la mort. lllais ni le bruit des fanfares, ni le tumulte concerté des acclamations ne résolvaient la question. Quel titre aurait le nouveau venu? L'entêtement légendaire des Bourbons, ici encore, ne voulant pas céder, la lieutenance générale offerte fut d·abord refusée. Mais la révolte rut courte, et, de toutes paris averti, le comte d'Artois faiblit. li accepta, des mains du Sénat, ce titre, la veille refusé. li alla mème ju,qu·à le remercier par une déclaration, où la double ingéniosilé de Talleyrand el de Fouché avait jeté de diplomatiques formules. Ce fut la déclaration du 14 avril. Le lendemain, le comte d'Artois recevait le Sénat el la Chambre. Son désappointement se marqua dans les paroles qu'il adressa à la Chambre, el où, pour la dislinguer du Sénat dont la ré,;istance avait réduit sa propre répuxnance, il appela ses membres « les vél'itables représenta!!l3 » de la nation. Le Hl avril, au nom de son frère, encore retenu en Angleterre, le comte d'Artois prenait en main le pouvoir. Cel intérim ne devail durer que peu de jours. Mais il fut rempli par les fautes les plus impopulaires. Le chef provisoire inaugura son gouvernement en déléguant en province, sous le prétexte de veiller à l'exécution des mesures prises, les royalistes les plus outranciers. Leur présence, surtout dans
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